En 2024, le recrutement des cadres a reculé de 10 % en Occitanie
« En 2024, le marché de l’emploi cadre en Occitanie a connu un recul marqué. Les entreprises ont recruté 17 440 cadres, soit 10 % de moins qu’un an auparavant », indique Cyrille Longuépée, déléguée régionale de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) Occitanie. Une baisse plus forte qu’au niveau national (- 8 %) et particulièrement prégnante dans les activités informatiques et l’ingénierie R&D. Cette année, le recrutement des cadres devrait se stabiliser dans la région avec 17 490 recrutements prévus, dont 71 % seraient réalisés par des PME. Mais pour l’Apec, « la guerre commerciale annoncée outre-Atlantique pourrait avoir des répercussions sur l’activité des entreprises, notamment celles présentes à l’exportation ».
Pas de rebond attendu en 2025
L’année dernière, l’Occitanie Ouest a réalisé 65 % des recrutements de cadres, contre 35 % à l’Est, « qui a recruté plus que ce que l’on avait espéré », précise néanmoins la déléguée régionale. Quant à la création de postes de cadres, elle a augmenté avec 5 250 créations, contre 5 000 en 2023. « La différence positive est liée à des promotions internes », note l’association. Malgré le phénomène de contraction du marché de l’emploi cadre, l’Apec ne constate pas de remise en cause de la hiérarchie des métiers moteurs : l’informatique (22 %), les études R&D (19 %) et le commercial-marketing (15 %).
En 2025, aucun secteur ni région ne devrait connaître de rebond dans les recrutements de cadres. En revanche, les volumes d’embauche pourraient se stabiliser en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Corse, en Occitanie, en Nouvelle-Aquitaine et en Bretagne après de forts reculs enregistrés en 2024. Dans le territoire, 17 % des recrutements de cadres devraient être réalisés par les entreprises de l’industrie, 7 % du commerce et 6 % du bâtiment. Quant au développement informatique, il se positionne en tête des familles de métiers proposant le plus d’offres.
L’Occitanie, région qui paie le moins bien ses cadres
Dans son enquête, l’Apec constate par ailleurs que 38 % des cadres de la région envisagent de changer d’entreprise dans les douze prochains mois et que 46 % ressentent l’envie de démissionner de temps en temps ou régulièrement. Les principaux critères en cas de changement d’entreprise sont l’équilibre vie privée-vie professionnelle (60 %), l’intérêt des missions (53 %) et la rémunération proposée (51 %). À noter que l’Occitanie est la région qui paie le moins bien ses cadres, avec une rémunération annuelle médiane de 49 k€ en 2024, contre 54 k€ en France. Cyrille Longuépée avance plusieurs raisons à cela, comme l’importance du tissu de PME, « qui ne peuvent pas toujours s’aligner avec les salaires des groupes et se situent parfois en zones rurales », et le poids des jeunes diplômés qui restent en Occitanie. Par ailleurs, 81 % des cadres du territoire se disent attachés à leur région, notamment en raison de la qualité de vie et du climat.
Enfin, l’association met en lumière le changement du rapport de force entre candidats et recruteurs. Les marges de négociation salariale sont en baisse (41 %) après « deux années d’efforts » à 56 % et 51 %. Pour la déléguée régionale, « les jeunes diplômés et les cadres de plus de 55 ans devraient être les premiers affectés par le renversement de positionnement ».











