Élections municipales à Montpellier : les candidats lèvent le voile sur leurs programmes économiques
Commerce, immobilier, commande publique… Trois des principaux candidats* aux élections municipales de Montpellier – Nathalie Oziol (LFI), Isabelle Perrein (sans étiquette -SE) et Michaël Delafosse (maire sortant PS) - présentent le 4 février leur feuille de route en matière de développement économique lors d’un débat organisé par la Confédération des petites et moyennes entreprises de l’Hérault (CPME 34) en partenariat avec La Lettre M. Morceaux choisis.
Commerce et attractivité du centre-ville
Pour Isabelle Perrein, notaire de profession et novice en politique, la priorité est de renouer avec un « centre-ville vivant et animé » tout en restaurant « l’accessibilité de la ville » en fluidifiant les mobilités. « Nous devons mettre en avant l’artisanat local et améliorer la propreté de l’hyper centre », explique la candidate en plaidant pour la création de sept nouveaux parkings silos adossés à des stations de tramway. « Renforcer l’attractivité commerciale » passe également selon elle par la gratuité du stationnement et la création d’aires de livraison. « Nous devons favoriser le commerce de proximité face à la concurrence déloyale pratiquée par la grande distribution », explique Nathalie Oziol. La députée LFI de la 2ème circonscription de l’Hérault veut par ailleurs stopper l’aménagement de nouvelles zones commerciales dans la métropole montpelliéraine et développer la préemption commerciale. « Nous créerons une foncière commerciale afin de maîtriser les équilibres commerciaux «, annonce Michaël Delafosse, maire sortant, en rappelant sa décision « d’ajourner » des projets commerciaux majeurs tels que l’opération Ode à la Mer - Shopping Promenade (70 000 m2 de surfaces commerciales) qui devait voir le jour au sud de la ville. « L’enjeu majeur consiste aujourd’hui à favoriser auprès des clients l’expérience “centre-ville“ face à la concurrence des commerces périphériques, explique-t-il. Nous devons également poursuivre nos efforts d’embellissement pour faire de Montpellier une destination touristique attractive et agréable. »
Logement, urbanisme, construction et grands projets structurants
« Mon objectif est de créer une ville qui peut loger ses salariés tout en préservant le foncier à vocation économique, résume Isabelle Perrein en présentant son programme dans ce domaine. Nous devons également faciliter et accélérer la délivrance des autorisations administratives. Les délais d’obtention d’un permis de construire sont en moyenne trois fois plus long à Montpellier qu’au niveau national. Cela rend plus difficile la production de logements neufs. » La candidate issue de la société civile annonce également la création d’un fonds doté de 1 Md€ « pour garantir le paiement des loyers des plus vulnérables » et le développement de l’offre de logements en location accession afin de loger « les plus modestes ». Elle plaide également pour la réhabilitation du bâti existant pour construire de nouveaux logements en vue d’affecter le foncier disponible aux projets d’implantation d’entreprises. « Le logement constitue un frein économique majeur à Montpellier, avec des loyers trop élevées et une spéculation débridée, soulève Nathalie Oziol. À l’heure où le pouvoir d’achat des ménages diminue, nous sommes face à une pénurie de logements financièrement accessibles aux salariés. Nous manquons par ailleurs de services annexes tels que les places de crèches. » La députée pointe par ailleurs une politique des transports « inefficace » en militant pour une meilleure desserte territoriale et une augmentation du cadencement du réseau public de mobilités. « En matière de logement, nous avions besoin de stabilité, souligne Michaël Delafosse en rappelant l’adoption du Plan local d’urbanisme intercommunal (Plui) en juillet 2025. Nous privilégions désormais le réinvestissement urbain dans plusieurs secteurs de la ville (Alco, Montpellier Sud… NDLR). De fait, nous pouvons aujourd’hui expliquer aux acteurs de l’immobilier où seront situés les futures zones à mettre en chantier. Le choc de l’offre que nous avons lancé leur donne de la visibilité. » Concernant le foncier à vocation économique, l’élu rappelle que 350 hectares ont été sanctuarisés dans le cadre du Plui.
Grandes filières de développement, innovation, start-up, réindustrialisation, attractivité du territoire et marketing territorial
« Dans ce domaine, nous devons renforcer la lisibilité relative à la stratégie de développement des différentes filières implantées dans notre territoire », explique Michaël Delafosse en citant l’écosystème MedVallée dédié à la santé, à l’environnement et à l’alimentation. Élu en 2020, le maire de Montpellier évoque aussi les filières des énergies renouvelables et du numérique « que nous devons accompagner, notamment à l’international ». Autre priorité, favoriser l’implantation de nouvelles entreprises dans le territoire : « La création d’un guichet unique permettra d’apporter une réponse plus rapide à ces projets avec le soutien d’une agence métropolitaine des investissements stratégiques pour les financer. » Le développement économique doit passer par davantage de concertation entre les acteurs du territoire : entreprises, organisations patronales…- » souligne pour sa part Isabelle Perrein. « Il faut privilégier la co-construction dans le but de donner aux dirigeants les moyens de développer leur activité et en s’appuyant sur les savoir-faire présent dans ce territoire, poursuit-elle. Nous créerons pour cela des comités d’orientations stratégiques, notamment pour répondre plus efficacement à la pénurie de main d’œuvre en ciblant les besoins en formation. » La candidate veut également créer un fonds local public-privé pour accompagner la croissance des entreprises grâce à des levées de fonds : « Nous irons chercher 1 Md€ de financement ces six prochaines années en ciblant prioritairement nos différentes pôles d’excellence et nous miserons sur une marque unique pour améliorer notre marketing territorial. L’objectif est de pouvoir mesurer efficacement les retombées économiques ! » Autre vision, celle de Nathalie Oziol : « Face à la fragilisation de notre tissu de TPE et de PME et au manque de visibilité de nos entreprises, il faut miser sur une vrai logique de planification dans le cadre du développement des filières d’avenir en répondant aux défis de la transition environnementale avec des objectifs à court, moyen et long terme. »
Fiscalité, budget et commande publique
« La fiscalité locale doit être incitative, avec des règles stables et lisibles, de façon à faciliter les investissements et les recrutements », commente Isabelle Perrein. En matière de commande publique, la candidate entend « prioriser le recours aux entreprises locales » et à leur savoir-faire. « L’injustice fiscale étouffe nos TPE et PME », relève Nathalie Oziol dans ce domaine. De son côté, Michaël Delafosse annonce la mise en place d’une « programmation pluriannuelle de la commande publique » pour permettre aux entreprises de suivre la trajectoire de la collectivité en matière d'investissements dans le cadre de son éventuel futur mandat. « Nous présenterons chaque année nos marchés publics avec leur allotissement pour rendre plus lisible notre stratégie dans ce registre », explique-t-il. Autre sujet essentiel à ses yeux, assurer « la stabilité de la cotisation foncière des entreprises (CFE) ».
*autres candidats déclarés : Philippe Saurel (DVG), France Jamet (RN), Rémi Gaillard (sans étiquette - SE), Max Muller (Révolution permanente), Mohed Altrad (SE), Jean-Louis Roumégas (Europe écologie les Verts) et Thierry Tsagalos (divers extrême-droite)











