Élections municipales : le Medef 31 livre ses propositions et en appelle à un « pacte de gouvernance » entre élus et entreprises
« Nous ne faisons pas de politique, mais nous voulons porter la voix des entreprises dans le débat des municipales », prévient Pierre-Olivier Nau, président du Medef Haute-Garonne. Le 17 décembre, l’organisation patronale dévoile à la presse un livre blanc destiné aux candidats, avec « des propositions concrètes » répondant à quatre priorités : Dynamique économique, Fiscalité & gouvernance économique, Urbanisme & aménagement et Attractivité & rayonnement. Avec à la clé, la proposition d’un « pacte de gouvernance entre les élus et les entreprises ». À Toulouse, des échanges ont déjà eu lieu avec les candidats Jean-Luc Moudenc (DVD) et François Briançon (PS, liste La gauche unie).
Une alternance ? Oui, mais « modérée »
D’autres rencontres sont programmées courant janvier. « Nous avons lancé des invitations à tous les candidats », précise Pierre-Olivier Nau qui, s’il met volontiers en avant la « relation de confiance » nouée depuis des années avec l’actuel locataire du Capitole, ne balaie pas pour autant du revers de la main l’option d’une alternance politique, mais « modérée ». Et de préciser sa pensée : « Si La France Insoumise devait être sur une liste au second tour, j’exprime clairement ici le terme d’“épouvantail”, car c’est une formation politique qui veut tuer le modèle d’entreprise tel que nous le défendons. »
Muscler le dynamisme économique
La première grande priorité mise en avant dans le livre blanc est la dynamique économique. « Aujourd’hui, au sein des entreprises, la proximité entre les dirigeants et les collaborateurs est forte, assure Thomas Fantini, vice-président du Medef Haute-Garonne. Nous avons tous les mêmes attentes et sommes en phase quant aux besoins futurs pour le développement économique, et donc l’emploi, dans le territoire. Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur un tissu industriel très fort. Mais en parallèle, il faut soutenir massivement les filières émergentes – comme la santé, l’intelligence artificielle ou le spatial – au travers d’un plan métropolitain d’incitations. » L’organisation patronale propose par ailleurs que soient créés des pôles économiques mixtes associant tertiaire, industrie et logement, afin de limiter l’étalement urbain, mais aussi que, dans un souci d’attractivité, soit déployée une marque « Toulouse Université » permettant de mettre la place toulousaine en lumière à l’échelle internationale. Enfin, le Medef Haute-Garonne souhaite une poursuite du développement des mobilités douces, mais aussi une amélioration des transports publics et des infrastructures routières afin de « fluidifier les déplacements ».
Associer les entreprises aux prises de décision
Deuxième grand axe stratégique : la fiscalité et la gouvernance économique. « Je le sais, il est sans doute un peu lourd d’entendre les entrepreneurs parler tout le temps de fiscalité, soupire Pierre-Olivier Nau. Mais force est de constater que la France a le niveau de fiscalité le plus élevé… Ça parle beaucoup à la machine à café, vous savez, et les chefs d’entreprise sont de plus en plus souvent interrogés par leurs salariés sur l’aveuglement du gouvernement. Il faut donner aux entreprises la capacité de recruter et d’augmenter les salaires ! » Sur le plan local, l’organisation patronale - qui juge la fiscalité « élevée et trop instable » - demande à la fois « prévisibilité et clarté ». Dans ce cadre, dans une logique de « co-construction », elle préconise la mise en place d’un véritable « pacte de gouvernance » permettant de « reconnaître pleinement la place des entreprises dans la construction des politiques locales, en les associant aux décisions qui engagent l’avenir économique, social et environnemental du territoire ». Stéphane Carcenac, trésorier, insiste : « Il ne s’agit pas de faire d’ingérence, évidemment, mais de pouvoir participer aux réflexions, car il nous semble incohérent que les entreprises payent autant sans avoir leur mot à dire. » Concrètement, le Medef Haute-Garonne propose que soit créé un « Conseil stratégique économie/fiscalité » réunissant à la fois élus, entreprises et syndicats patronaux et de salariés, qui serait selon lui « plus efficace que le conseil de développement économique ». Il souhaite par ailleurs que la loi lui permette d’intégrer la gouvernance décisionnaire de Tisséo, l’autorité organisatrice des mobilités dans l’agglomération toulousaine. Enfin, sur ce front, ses autres demandes portent sur une stabilisation des taux de la Cotisation foncière des entreprises (CFE), du versement mobilités et de la taxe foncière sur trois à cinq ans, avec le développement d’un simulateur pour les TPE-PME, mais aussi sur la création d’un bonus pour le tri et la réduction des déchets ainsi que sur le fléchage des taxes « vers des projets concrets et visibles ».
Aménagement du territoire
D’autres propositions formulées par le Medef Haute-Garonne concernent l’urbanisme et l’aménagement du territoire. L’organisation patronale appelle en effet de ses vœux le déploiement de navettes inter-quartiers reliant les zones d’habitat et d’emploi, la création d’un plan « Logement Entreprises » incitatif favorisant la délivrance de permis de construire et in fine la construction de résidences à loyers maîtrisés à proximité des zones d’emploi, sans oublier l’accès au foncier économique. Autre proposition répondant à cette troisième grande priorité : la mise en place d’un « bonus de constructibilité » pour les projets Haute qualité environnementale (HQE) intégrant les mobilités douces. Enfin, le livre blanc suggère que l’accès au « Small business act » local – qui permet aux PME du territoire de répondre plus simplement aux appels d’offre de la collectivité - soit « facilité pour l’ensemble des secteurs d’activités ».
Rayonnement du territoire
La quatrième et dernière grande priorité mise en avant par le syndicat patronal porte sur l’attractivité et le rayonnement du territoire. « Nous souhaitons que soit créé un fonds métropolitain dédié à la revitalisation du commerce de proximité de centre-ville », indique Thomas Fantini. Le Medef Haute-Garonne préconise par ailleurs le développement à Toulouse de « mini-centres de quartier » sur le modèle de la Cartoucherie, le renforcement de la présence de la police municipale dans les zones économiques et les événements publics, l’intensification d’une vidéoprotection « intelligente » et l’accroissement des moyens de l’agence d’attractivité Toulouse Team.
Le Medef Haute-Garonne, qui représente quelque 3 000 entreprises dans lesquelles travaillent plus de 100 000 salariés, entend désormais échanger avec l’ensemble des candidats aux élections toulousaines, en vue de leur proposer une « charte d’efficacité ». Un débat consacré aux sujets économiques devrait par ailleurs être organisé dans l’entre-deux tours.











