Édouard Philippe à Toulouse : « Nous essayons de retisser la confiance avec les collectivités »
« Une panne électrique… C’est ça, les petites communes rurales », sourit Robert Médina, maire LREM de Mondouzil, village de 250 habitants de la périphérie toulousaine, devant un micro désespérément muet *. C’est en forçant un peu sur leur voix, avant le - tardif - rétablissement du courant, qu’Édouard Philippe, Premier ministre, et Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole, ont prononcé leurs discours respectifs, avant de procéder à la signature du contrat liant l’État à la Métropole toulousaine. Un « pacte » visant à encadrer les dépenses de fonctionnement de la collectivité, en échange du maintien des dotations de l’État. Pour Jean-Luc Moudenc, cette signature est « le résultat d’un dialogue fructueux, bien que complexe, et une marque de confiance mutuelle ». « Avec le préfet (de Haute-Garonne et de d’Occitanie, NDLR) Pascal Mailhos, nous avons, c’est vrai, âprement discuté les termes de ce contrat, reconnaît l’édile. Mais jamais il ne m’a désigné telle ou telle dépense comme opportune ou pas. Rendons justice à la vérité : Toulouse Métropole restera maîtresse de ses projets et de son destin. »
Pour autant, l’élu - qui estime que l’exercice proposé, consistant à circonscrire les dépenses de fonctionnement de sa collectivité tout en maintenant le niveau de service public, est « un challenge sportif » - émet certaines nuances. « Cette nouvelle méthode ne pourra fonctionner qu’à condition d’être améliorée, amendée », estime-t-il, appelant de ses vœux « une clause de revoyure dès 2019 ». « Si nous sommes positifs, nous ne sommes pas là non plus pour tomber dans l’angélisme, soutient-il. Il y a clairement dans ce contrat des points d’amélioration. » Et de donner deux exemples : l’exclusion, dans les termes actuels du contrat, de dépenses résultant d’obligations nouvelles et de contributions de la collectivité à des syndicats satellites comme Tisséo (transports publics de l’agglomération toulousaine) destinés à financer, en bout de chaîne, des investissements. « Nous tiendrons notre rôle, assure Jean-Luc Moudenc. Nous souhaitons que l’État assure le sien en intégrant les innovations demandées. »
Un appel entendu par Édouard Philippe, qui estime logique de « préciser la pensée » et d’ « affiner la logique » du texte à partir de 2019 « et dans les années suivantes ». Le Premier Ministre vante lui aussi « un contrat partenarial, né de la volonté de l’État de maîtriser les dépenses publiques ». Sans oublier d’en rappeler l’historique. « Avant que nous prenions cette initiative, les dotations de l’État aux collectivités territoriales avaient été gelées, puis réduites, explique-t-il. Nous avons voulu sortir de cette logique, en partant du principe que les collectivités faisaient de leur mieux pour maîtriser l’argent public. » Face à ce qu’il dénonce comme étant comme « des caricatures », Édouard Philippe assure que cette contractualisation « ne saura jamais être l’expression d’une nouvelle tutelle ou d’une nouvelle centralisation ». Et de conclure : « Derrière ce pacte, il y a la confiance que nous essayons de retisser ».
* La CGT a finalement revendiqué la « coupure » dans l’après-midi. Contacté par La Lettre M, Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT 31, indique qu’il s’agissait de « dénoncer une action de com’ du gouvernement, qui veut faire croire qu’il est proche des territoires en se déplaçant ici ». Et d’ajouter : « Ce contrat, qui vient d’être signé, plonge la Métropole toulousaine dans l’austérité ».










