Dotations de l’État, financement de la LGV Bordeaux-Toulouse, investissements… : les dossiers chauds de Carole Delga
À l’occasion de ses traditionnels vœux à la presse, célébrant symboliquement le 10e anniversaire de la Région Occitanie, Carole Delga, présidente de la collectivité, fait le point le 19 janvier à Toulouse sur ses dossiers chauds du moment. Revue de détails.
La place de l’Occitanie. « En dix ans d’existence, la région Occitanie a su se faire connaître au niveau national, mais aussi européen. Les citoyens ont parfois le sentiment de ne pas être reconnus par le système central et sa technocratie. Certains se sentent même oubliés, méprisés. Des Premiers ministres m’ont peut-être trouvé un peu insistante ; mais pour faire entendre notre voix, nous ne devons rien lâcher ! »
10 ans de terrain. « Nous voulons être cette majorité très présente sur le terrain, en humilité, à l’image de ce qu’est le peuple occitan et catalan, parfois en verbe haut et en colère saine. Nous voulons avoir une attention pour tous les territoires, qui vivent une mosaïque de situations différentes, avec des dynamiques tout à fait variées. Pour sentir le pouls de notre région, je réalise environ 200 déplacements par an, ce qui représente plus de 100 000 kilomètres… »
Investissements et dotations de l’État. « Nous sommes la première Région en termes d’investissement par habitant (177 € contre 152 € en moyenne pour les autres Régions, NDLR), tout en ayant un endettement maîtrisé. Notre capacité de désendettement est proche de sept ans, loin du seuil d’alerte fixé à neuf ans. Le problème est celui du manque d’autonomie fiscale. Il est très compliqué de lancer des opérations sur trois ou quatre ans alors que chaque année, selon ce qui est voté au Parlement, nous nous retrouvons avec des dotations différentes. Nous avons chiffré à environ 500 M€ l’impact total des baisses de dotation de l’État pour la Région Occitanie depuis trois ans. »
L’accompagnement des entreprises. « En dix ans, nous avons accompagné plus de 100 000 entreprises du territoire. C’est un défi collectif : pour que le chômage n’augmente pas en Occitanie, il faut que soient créés 25 000 emplois chaque année. »
LGV Bordeaux-Toulouse. « Les financements des collectivités locales et de l’Europe sont sécurisés. En ce qui concerne la part de l’État (40 % du tour de table, NDLR), Dominique Bussereau (ex-ministre des Transports, NDLR) vient de déclarer dans la presse qu’à titre personnel, il était favorable à l’option d’un financement public-privé. Avec Alain Rousset (président de la Région Nouvelle-Aquitaine, NDLR), ce n’est pas notre cas, car nous estimons que cela augmenterait, au final, le coût pour l’État. Nous travaillons à une réponse commune, qui sera publiée dans les prochains jours. En toute hypothèse, nous y verrons plus clair sur le sujet après les élections municipales... »
Décentralisation. « Il faut davantage de décentralisation. Régionaliste mais aussi départementaliste, je n’ai jamais soutenu l’idée de la suppression des départements. En revanche, nous devons avoir une clarification des missions entre collectivités locales. Je pense notamment aux compétences partagées comme le tourisme, le sport ou la culture. »
A69. « Normalement, à l’automne, l’autoroute sera en fonction. Les habitants du Sud Tarn attendent avec impatience cette infrastructure qui leur permettra de gagner 45 minutes aller-retour. »











