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Midi-Pyrénées / Languedoc-Roussillon
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Institutions
| 21/10/2015

Dominique Reynié veut investir 650 M€ par an hors lycées et formation professionnelle

Accusation de parachutage ou d’inéligibilité, doutes sur ses origines aveyronnaises émanant de son propre camp, recadrage agacé par Nicolas Sarkozy après la publication anticipée des listes… Candidat Les Républicains/UDI dans la grande région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, après son investiture surprise le 25 avril dernier lors d’une primaire à Sète, le politologue Dominique Reynié, 55 ans, fait l’apprentissage de la politique, côté arènes. « J’ai grandi en Aveyron, fait mes études à Toulouse et suis domicilié à Rodez. C’est comme si on me reprochait d’être présent chez moi. Dois-je sortir mon arbre généalogique, comme aux temps les plus douteux ? », martèle-t-il, mercredi à Montpellier lors de la présentation de son programme. Certains barons locaux sont peu enclins à supporter cette personnalité de la société civile, qui enseigne toujours à Sciences Po Paris. Pas le cocktail idéal pour reconquérir une terre rose, aux mains des socialistes depuis 2004 en LR et depuis 1998 en MP. Les sondages placent Louis Aliot (FN) en tête au premier tour, et Carole Delga (PS/PRG) vainqueur au deuxième tour, Reynié finissant à chaque fois en 2ème position, quelques points derrière. « C’est nous qui allons gagner la région, et ce sera une grande surprise, tranche-t-il. Delga perd du terrain, et je ne vois pas par quel miracle elle pourra remonter le chemin perdu. » La menace FN, après la tenue d’un meeting très symbolique le 8 octobre avec Nicolas Sarkozy à Béziers, ville frontiste par excellence dirigée par Robert Ménard ? « Le FN ne sera pas au niveau où les enquêtes d’opinion le mettent. J’ai formé les sondeurs qui me sondent aujourd’hui », ironise-t-il.

« La crise de l'Etat est durable, les collectivités vont avoir de plus en plus de missions »

Côté projet - terme qu’il préfère à celui de « programme » -, Reynié vise 650 M€ de nouveaux investissements annuels (en plus des compétences obligatoires : lycée, apprentissage, etc.) : 200 M€ dans un fonds d’investissement des territoires (Fiter), « à même de générer, par effet de levier, un milliard d’euros d’investissement privé » ; 150 M€ dans des aides aux voitures électriques et à la requalification de l’habitat des stations du littoral ; 200 M€ dans un plan Routes visant à désenclaver les territoires ruraux ; enfin, 100 M€ dans un plan Logement, avec l’émission de 10 000 primes à des primo-accédants à la propriété éligibles au prêt à taux zéro, d’un montant 10 000 € chacune, pour relancer l’activité du bâtiment. « La crise de l’Etat est durable. Les collectivités vont avoir de plus en plus de missions », insiste-t-il. Pour attirer des investisseurs étrangers, et les mettre en relation avec le tissu R&D et les porteurs de projets, Reynié propose la création de deux bourses de cotation, l’une à Toulouse et l’autre à Montpellier. La mère des batailles est « la lutte contre le chômage, qui atteint 12,5 % sur le grand territoire ». Autre préoccupation : « le risque de déséquilibre entre les deux métropoles (Toulouse et Montpellier) et la ruralité » et l’impréparation de la fusion entre les deux régions. « Cette fusion ne sera pas du tout opérationnelle au 1er janvier 2016. Il y aura beaucoup de bugs, qui créeront des problèmes très coûteux et ralentiront l’action politique », s’inquiète-t-il.
En cas de victoire le 13 décembre prochain, des coupes sombres seront opérées, notamment « dans les subventions non-stratégiques, la politique d’attribution des marchés de communication et la taille du cabinet du président ». L’objectif est d’économiser 40 M€ par an « au moins ». Ce jeudi, la commission nationale d’investiture des Républicains doit avaliser à Paris les listes définitives. Après que Reynié a voulu confier, début octobre, les têtes de liste à trois candidats UDI (sur treize départements), l’UDI devrait se contenter finalement de la 2ème place dans l’Aude, de la 2ème et 3ème place dans le Gers, ou encore de la 3ème place dans les Pyrénées-Orientales.

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