Dominique Pon (Clinique Pasteur) plaide pour mettre "de l'amour" dans le management
Iconoclaste, Dominique Pon, directeur de la Clinique Pasteur (CA 2014 : 88 M€, 1.400 collaborateurs), à Toulouse, l'est assurément. À l'invitation de la société Oddos, l'homme s'est exprimé ce 28/4 devant une centaine de personnes, à Toulouse, sur le thème : « Peut-on vraiment être un manager humain ? ». Sa réponse ? « Non, sûrement pas, mais on peut essayer ». Lui qui assure, sur le ton de l'humour, être « une sorte de domestique majordome dans une clinique appartenant à des divas » dit avoir fait « de l'amour » son principal levier de management. « Mettre de l'humain dans l'entreprise, ce n'est pas fixer des objectifs annuels de bonheur, c'est complètement absurde ! On crève de trop conceptualiser les choses. Arrêtons de vouloir appliquer des recettes de cuisine. Contentons-nous d'être humains. » Illustrant ses propos par ses propres expériences et assurant que « manager est un job de psychopathe », Dominique Pon insiste sur la valeur de la confiance. « Manager, c'est comme aimer. C'est donner ce qu'on n'a pas à des gens qui n'en veulent pas », assure-t-il.
Pour Dominique Pon, « de tous les métiers, il n'y a pas pire que manager. C'est profondément inhumain de vouloir faire ça ! ». Et d'ironiser : « Finalement, une entreprise qui fonctionne bien d'un point de vue humain, elle doit enregistrer une hausse de l'absentéisme et du nombre de grèves ! Car cela signifie que l'on a offert aux gens une liberté qui leur permet de redevenir humains. » N'hésitant pas à tirer à boulets rouges sur le milieu médical (« un monde archaïque et consanguin où, avec seulement un peu de pragmatisme et de bons sens, on peut vite passer pour un génie »), le directeur de la Clinique Pasteur insiste sur l'importance de l'écoute. Pour lui, les innovations viendront des acteurs de l'entreprise, « les gens qui sont sur le terrain ». Et pour les en convaincre, « il suffit de les aimer ». Facile ? « On peut me proposer n'importe quel projet, à condition qu'il aille dans le sens de l'intérêt collectif, je dis toujours oui. Ce n'est pas plus compliqué que ça. Et c'est ça le boulot d'un manager. »










