Dominique Bussereau va demander des sillons pour Saint-Charles

Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat chargé des transports, a inauguré, lundi 5 juillet, l’extension de la plateforme multimodale de la zone de Saint-Charles à Perpignan. La volonté conjuguée des acteurs économiques et politiques locaux, en synergie avec l’Etat et l’Europe, a permis de débloquer 40 M€ pour augmenter la capacité des voies (750 m au lieu de 450) et doter le site de nouveaux équipements (grues, bâtiment d’exploitation…). « Ces installations représentent l’avenir du transport de marchandises. Ces terminaux constituent le support de notre politique de report modal. Leur construction est la première étape pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement : faire passer de 14 à 25 % la part totale du transport non-routier et non-aérien d’ici 2022 », a déclaré le secrétaire d’Etat.
Doubler la capacité de fret à 2 millions de tonnes...
La plateforme permettra à terme de doubler la capacité de fret ferroviaire à 2 millions de tonnes par an . « La part du fer dans le trafic dans les P.-O. est de 4 %. Notre ambition est de passer de 57 000 à 110 000 wagons par an », indique Christian Bourquin, président du conseil général des P.-O. et de la SAEML Perpignan Saint Charles Conteneur Terminal*. Il n’a pas manqué de dire au secrétaire d’Etat que « le 3e quai du port de Port-Vendres se fera. Je souhaiterai que RFF prenne en compte les 2 km de voies ferrées reliant le port à la voie ferrée ». De son côté, Jean-Paul Alduy, président de l’Agglomération de Perpignan, a souligné l’intérêt de l’outil pour réduire le nombre de camions sur les routes annonçant même « 4 000 camions de moins par jour à terme » contre 10 000 actuellement. « Cet outil doit aussi protéger l’avance que des chefs d’entreprises ambitieux ont développé sur le marché international de Saint-Charles pour l’import/export de fruits et légumes. Il faut aussi que les entreprises réussissent à contractualiser des flux nouveaux et que RFF assure la sécurité des horaires pour le transport de marchandises ».
… à condition d’avoir les bons sillons
Au-delà de la satisfaction qu’il porte à cette réalisation d’envergure dans le droit fil des objectifs du Grenelle, le secrétaire d’Etat a annoncé qu'il allait « dès cet après-midi appeler RFF pour obtenir les sillons nécessaires au développement de cette infrastructure ». Un acte attendu par les acteurs et les professionnels de la logistique, car à ce jour, la gare de marchandises de Saint-Charles traite 15 trains complets par jour, dont trois trains de combiné. Les marchandises concernées sont des cargos général (produits industriels, pièces autos, papier,…). « Il y a assez peu de fruits et légumes qui transitent pas le fer faute d’avoir les sillons et la qualité de service nécessaires, comme cela était le cas auparant », indique Fabienne Chauvineau, directrice de la Plateforme Multimodale Perpignan Méditerranée (six sites logistiques). Deux opérateurs agissent sur le site roussillonnais Hupa (Perpignan-Anvers) et Novatrans qui réalisent 50 % des trafics principalement vers Paris et Dourges (Pas de Calais). « Actuellement, nous réalisons des trains qui passent par Toulouse. L’objectif de la plateforme, au-delà d’avoir des trains plus longs, c’est d’obtenir des sillons directs vers Paris, satisfaisant ainsi les attentes des entreprises », souligne Jean-Philippe Delmont, directeur marketing de Novatrans.
* SAEML : société d’économie mixte créée en 2006 pour assurer la maîtrise d’ouvrage d’une partie des superstructures et la gestion des installations. Son capital est détenu à 51% par les collectivités locales (Conseil général et Agglo de Perpignan) mais aussi par la société Novatrans, la CCI et le Port de Barcelone.










