Delair triple son chiffre d’affaires et vise le cap des 100 M€ de CA
Le droniste haut-garonnais Delair enregistre 30 M€ de chiffre d’affaires en 2024, soit « le triple de 2023 », précise à La Lettre M Bastien Mancini, président. L’entreprise de 150 salariés, positionnée à la fois sur le marché de l’inspection industrielle et dans le champ de la sécurité et de la défense, vise le cap des 100 M€ de CA en vue de se positionner en leader européen. « Il y a une place à prendre », estime le dirigeant qui, afin d’accélérer sa croissance, étudie « toutes les options », y compris celle d’une levée de fonds. « L’important est de continuer à remporter de nouveaux marchés tout en restant rentable », insiste Bastien Mancini. Delair produit environ 1 000 drones – de différentes tailles – par an.
L’entreprise n’exclut pas par ailleurs de procéder à de nouvelles opérations de croissance externe en Europe. « Nous regardons cela, à la fois sur l’axe technologique et sur l’axe marché », glisse le dirigeant.
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Inspection industrielle et défense
« Nous disposons aujourd’hui d’une gamme cohérente, avec six références, incluant à la fois des drones à voilure fixe, des drones à voilure tournante et des drones sous-marins, indique le chef d'entreprise. À terme, notre vocation est d’être à la fois terre, air et mer. » Avec un atout de taille : Delair a également développé une station sol capable de s’interfacer avec l’ensemble de ses drones, mais aussi avec les appareils d’autres constructeurs. Si l’activité de la société de Labège a longtemps été portée par les marchés civils – inspection de lignes électriques, de voies ferrées, d’infrastructures portuaires, de navires… –, c’est désormais la défense qui nourrit sa croissance. « Nous souhaitons équilibrer au maximum ces deux piliers de notre développement afin de rendre la société plus robuste face aux cycles de marché », confie Bastien Mancini.
Sur le front ukrainien
La société a été placée sous le feu des projecteurs en 2023 en signant un contrat avec l'État français pour la livraison de 150 appareils aux forces ukrainiennes. « Nous avons démontré que nos solutions résistaient aux conditions de combat, qu’elles étaient à la fois robustes et utiles, relève Bastien Mancini. Cela nous a permis de remporter d’autres marchés ». Par ailleurs, en mars 2024, le ministre des Armées Sébastien Lecornu s’est rendu chez Delair pour annoncer la commande de drones armés. « Cent unités ont été livrées fin 2024 », précise le dirigeant de l’entreprise.
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50 recrutements programmés
Aujourd’hui, pour accompagner sa montée en puissance, Delair pousse les feux. « Nous développons en permanence nos capacités industrielles en cherchant des mètres carrés et en investissant dans nos outils, mais aussi dans les ressources humaines », précise Bastien Mancini. Sur ce dernier front, l’entreprise ambitionne de recruter une cinquantaine de personnes cette année, à la fois dans l’ingénierie, la production et les services de support.











