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Région Occitanie
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Conjoncture
| 25/04/2025

Début d’année « morose » et moral « au plus bas » pour les entreprises régionales selon la CCI Occitanie

© Pixabay - photo d'illustration

« Le début de l'année 2025 est marqué par un recul généralisé de l'activité dans tous les secteurs et la confiance frôle son niveau le plus bas depuis plusieurs années », résume la CCI Occitanie le 23 avril en évoquant les résultats de son enquête de conjoncture* portant sur le premier trimestre 2025. Seuls 17 % des dirigeants interrogés dans le cadre de cette étude font état d’une hausse de leur chiffre d’affaires par rapport à la même période en 2023, contre 49 % évoquant une baisse. Et près d’un tiers (31 %) se disent pessimistes quant à l’avenir de leur entreprise. « Le recul de l’activité est particulièrement fort dans le commerce et les hôtels-cafés-restaurants », souligne la CCI Occitanie.

Mince espoir de reprise au printemps
« Ce début d'année 2025 fragilise de plus en plus notre tissu économique, les entrepreneurs sont très inquiets et fatiguent face aux crises économiques et géopolitiques qui se succèdent, commente Jean-François Rezeau, président de la CCI Occitanie. Il est urgent de redonner de la visibilité et du souffle à notre économie régionale. Seules des perspectives de reprise au printemps permettent un mince espoir. » Plus largement, « les efforts consentis par les chefs d'entreprise pour ne pas augmenter leur prix de vente dans un contexte de faible de demande où la concurrence s'exacerbe rognent les marges qui sont toujours au plus bas. » Autre constat de cette enquête : les difficultés de trésorerie « touchent de nombreuses entreprises et les banques sont perçues comme réticentes face à ces problèmes ». En termes d’activité, les marchés se contractent : « La demande à venir faiblit et les carnets de commandes sont globalement peu remplis. » De fait, la confiance des chefs d'entreprise en l'avenir se détériore. La conjoncture mondiale et nationale est perçue comme défavorable, avec une baisse du pouvoir d'achat et « une morosité générale », analyse la CCI Occitanie. Seule note positive : si « l'emploi souffre de cette conjoncture morose », l’étude précise qu’il devrait « se redresser au printemps », et ce malgré des difficultés persistantes de recrutement dans certains secteurs.

Faible niveau d’activité dans l’industrie
Dans l’industrie, si l'activité recule légèrement en début d'annéecelle-ci devrait connaître « un léger ressaut au deuxième trimestre » mais en se maintenant durablement à un niveau inférieur à celui des deux dernières années. « Les marges se réduisent de nouveau, explique la CCI Occitanie. La hausse du coût des matières premières et des composants est un souci récurrent. Les trésoreries se dégradent, principalement en raison de l'allongement des délais de paiement (…) Les carnets de commandes sont peu remplis, ce qui entretient un climat d'incertitude et de pessimisme chez les industriels. »

Recul dans la construction
Dans la construction, près de la moitié des entreprises du secteur enregistrent une baisse de leur activité au premier trimestre. « La forte concurrence tire les prix vers le bas, ce qui pèse sur les marges, qui se réduisent encore un peu plus », commentent les auteurs de cette étude. Autre difficulté dans ce secteur : « Les délais de paiement des clients, y compris des administrations, s'allongent, mettant à mal la trésorerie des entreprises. » La baisse des commandes et des chantiers est également jugée « préoccupante », avec une visibilité réduite : « Dans le contexte géopolitique actuel, la confiance des consommateurs et des entreprises est en berne et la demande en pâtit (…) Les professionnels de la construction jugent toujours les charges trop élevées, les normes trop nombreuses, compliquées et coûteuses. Le travail à flux tendu et les incertitudes sapent leur moral et la fatigue s'installe. »

Commerce sous pression
Dans le commerce, le chiffre d'affaires des professionnels du secteur « enregistre une nette dégradation au premier trimestre 2025 », selon la CCI Occitanie, évoquant un indicateur d’opinion au plus bas depuis quatre ans. « La diminution de l'activité est durable, la conjoncture économique jugée morose et la baisse de la fréquentation et du panier moyen constituent un frein majeur à la reprise de l'activité commerciale. Les perspectives restent préoccupantes pour la période à venir. » Les commerçants d’Occitanie font par ailleurs état d’un faible niveau de trésorerie et de charges élevées fragilisant leur entreprise, avec « des marges sous pression ». Le manque de clients dans certains centres-villes, la concurrence du e-commerce et le changement des modes d'achat constituent « des facteurs persistants d'inquiétude ». C’est dans le commerce que le niveau de confiance en l’avenir est le plus bas, « reflet d'un profond malaise ».

Niveau préoccupant dans les CHR
Autre secteur impacté, celui des CHR (cafés, hôtels, restaurants). « Les professionnels font part d'une baisse de la fréquentation touristique liée notamment à une moindre dépense des consommateurs en loisirs et tourisme », souligne cette enquête en faisant état de perspectives prudentes pour la période à venir : « Les hôteliers-restaurateurs espèrent que le beau temps attirera les touristes avec l'arrivée du printemps et de l'été. Ils comptent sur l'attractivité de la région et la fidélité de leurs clients. » Coté finances, « les marges se dégradent fortement et les tensions sur les trésoreries s'accentuent. L'augmentation des charges  énergie, personnel, taxes  est un problème majeur pour beaucoup d'établissements. » Autre motif d’inquiétude : la concurrence des locations de courte durée et des plateformes telles qu’Airbnb. Après une contraction de l’emploi observée au premier trimestre, une amélioration est attendue. « Mais le manque de personnel qualifié et investi est une difficulté récurrente, surtout pour les postes à temps partiel ou saisonniers. »

Incertitudes dans les services
Enfin, la baisse du niveau d’activité est également constatée dans les services, même si « une moindre dégradation devrait s'observer au prochain trimestre au profit d'une plus grande stabilité ». En cause : « Le contexte économique incertain, la concurrence accrue et la pression sur les prix. » Conséquence : les trésoreries et les marges se détériorent dans un contexte de hausse des charges, des taxes et des matières premières. « Les prestataires de services font face à des clients qui se trouvent de plus en plus en difficulté financière et qui sont en manque de visibilité, rendant les perspectives de commandes difficiles, résume l’étude. Les carnets de commandes sont insuffisants et offrent peu de perspectives d'amélioration de l'activité. Les dirigeants font part de nombreux défis à relever avec notamment une pression de renouvellement face à l'évolution rapide des technologies et l'impact de l'intelligence artificielle. » Là encore, le niveau de confiance quant à l’avenir est au plus bas.
menée auprès de 2 883 chefs d’entreprise de TPE-PME dans les principaux secteurs d’activité

David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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