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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial
| 15/12/2025

Débris spatiaux : depuis Toulouse, Aiko lance trois projets innovants

Aurélie Baker, directrice d'Aiko France
© Aiko / Pixabay CCO - Photo d'illustration

La société italienne Aiko, qui a installé en 2023 son siège français à Toulouse, lance trois projets innovants dédiés à la gestion des débris spatiaux. L’entreprise de 60 salariés planche sur SafetySat, système utilisant l’IA pour sécuriser l’autonomie bord en détectant les comportements anormaux, Cask, technologie qui permet aux satellites, de manière autonome, de conserver leur orbite et d’éviter les collisions, et Sara, présenté comme « le premier système conçu pour permettre aux CubeSats d’éviter les débris spatiaux sans intervention terrestre, en combinant propulsion avancée, surveillance continue de l’environnement orbital et logiciels embarqués déterminant en temps réel les manœuvres les plus sûres ».

40 000 objets en orbite
Ces projets stratégiques sur lesquels planche l’entreprise s’inscrivent dans un contexte de multiplication des déchets spatiaux. Selon l’Agence spatiale européenne (Esa), on dénombre actuellement quelque 40 000 objets en orbite, dont 11 000 satellites actifs. Mais d’après Aiko, qui a levé plus de 5 M€ depuis 2020, le chiffre serait en réalité bien plus élevé, avec « 50 000 objets mesurant plus de 10 cm, plus de de 1,2 million de fragments entre 1 et 10 cm et près de 130 millions entre 1 mm et 1 cm ». Un foisonnement qui pourrait entraîner la multiplication des rapprochements « dangereux » entre actifs spatiaux, voire des risques de collision.  

« Combler une lacune »
« En Europe, il manque une solution embarquée complète de prévention des collisions en temps réel : aujourd’hui, la plupart des efforts reposent sur des systèmes terrestres dédiés au catalogage des débris orbitaux ou à la planification de manœuvres d'évitement, mais aucun ne peut encore garantir une réactivité immédiate en orbite sans intervention humaine, estime Aurélie Baker, directrice France. Notre nouvelle ligne de R&D vise à combler cette lacune en développant des logiciels intelligents, capables de prendre des décisions autonomes directement à bord. Cette technologie permet aux satellites de détecter les menaces, d'évaluer et d'exécuter des manœuvres en temps réel, garantissant ainsi des opérations sûres et efficaces dans un environnement orbital de plus en plus encombré et contesté ».

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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