Dans les coulisses d'EasyCov, commercialisé jusqu'en Afrique
En attendant l’aval du Centre national de référence (CNR) de l’Institut Pasteur pour une utilisation en France, le test salivaire EasyCov (pour détecter le nouveau coronavirus) est aujourd'hui commercialisé, avec le marquage CE, dans une dizaine de pays européens et africains. Parmi les premiers clients, « des aéroports, des Ephad et potentiellement des écoles et universités qui ont besoin de répéter les tests, de façon massive », a expliqué à La Lettre M Christophe Carniel, en marge de la table ronde « Et demain ? » organisée le 9 septembre, à la Cité de l’économie et des métiers de demain de Montpellier.
« Nous n’avions jamais travaillé ensemble »
Cofondateur il y a six ans de Vogo (50 salariés, siège à Montpellier, bureaux à Paris, Grenoble, filiale à New York, CA de 2,3 M€ au 1er semestre). une application qui permet de vivre une rencontre sportive en bénéficiant d'une assistance vidéo, l'entrepreneur a raconté, devant une cinquantaine de personnes, comment il avait été embarqué dans cette aventure : « Mon ami chercheur Franck Molina (à l’origine du projet, NDLR) et moi connaissions les compétences de chacun, mais nous n’avions jamais travaillé ensemble. Au début de la crise, en mars, il m’a proposé de rejoindre son consortium de chercheurs (CHU, SkillCell, Inovie, NDLR). Il avait besoin d’une entreprise du digital pour créer une application de lecture de résultat de test. Notre service R&D s’est transformé rapidement, les troupes étaient surmotivées par cette démarche citoyenne, d’urgence. Ce n’était pas opportuniste. A l’avenir, nous pourrons remettre en place ce type de collaboration, public-privé, numérique-santé, sur d’autres sujets. »
Faire revenir le public dans les stades
« Plus rapide et moins intrusif », a-t-il insisté, ce test mis sur pied en trois mois est « le fruit d’une rencontre entre le numérique et la santé, les deux forces de la région de Montpellier ». EasyCov permet aujourd’hui à Vogo de soutenir son activité, en facilitant la vie à ses clients dans le sport. « La distanciation physique est difficilement applicable dans le football ou le handball, les clubs ont besoin d'obtenir des résultats rapidement. Avec EasyCov, ils espèrent aussi faire revenir le public », observe-t-il. Depuis plusieurs mois, les matches se jouent à huis clos ou en capacité réduite, ce qui fragilise le modèle économique des clubs, en particulier dans le rugby, très dépendant de la billetterie.
Le principe d'EasyCov, alternative à l’écouvillon introduit dans le nez ? Le patient prélève une goutte de salive sous sa langue avec une pipette (en gardant ainsi ses distances avec le professionnel présent). L'échantillon est ensuite placé dans un tube et analysé sur place à l’aide d’un boîtier. Une heure après, un résultat colorimétrique apparaît pour indiquer ou non la présence de la Covid-19.
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