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| 31/05/2018

Cyril Meunier, maire de Lattes : " Disponible pour présider la Métropole en 2020 "

Urbanisme, projet commercial Shopping Promenade et ambition encore feutrée pour la Métropole... La Lettre M a interrogé le 29 mai Cyril Meunier, maire DVG de Lattes, commune située au sud de Montpellier et membre de Montpellier Méditerranée Métropole. 

Vous vous dites inquiet du retard pris par le vote, par la Métropole, de documents d’urbanisme. Pourquoi ?
La Métropole a pris du retard dans l’élaboration du Scot et du PLUI, avec pour dommage collatéral le fait que les promoteurs cherchent des terrains pour officier. Il y a trop peu de lots en stock. D’autant plus qu’avec les changements qui devraient se produire dans certaines des 31 municipalités lors des élections de 2020, il faudra deux ans de plus pour adopter ces documents. Ça fait cinq ans, au moins, à tenir, avec un Scot et des PLU qui datent de plus de dix ans. Or, 6 000 personnes arrivent chaque année dans la métropole, avec une forte pression sur le logement social. Résultat des courses : dans un calme que je ne comprends pas, les promoteurs immobiliers font le tour de tout ce qui est aménageable, de tout ce qui peut être construit. À Lattes, on a toujours eu, de la part des petits promoteurs et les marchands de biens, une pression sur les petits terrains, mais depuis quelques mois, de gros promoteurs achètent des terrains de 1 200 m2 qu’ils n’auraient pas acheté avant. C’est un signe qui ne trompe pas.

Les procédures du PLUI et du Scot sont lancées, a rappelé récemment en session métropolitaine Philippe Saurel, président de la Métropole de Montpellier. Et en attendant, les PLU peuvent être modifiés…
Ces procédures auraient du être lancées bien avant. Toulouse Métropole a lancé les démarches après les élections de 2014. Le recul des sorties du Scot et du PLUI est nuisible pour la métropole de Montpellier, car on n’utilise pas les nouvelles possibilités de régulation que nous offrent les Scot et PLUI. Quant aux modifications des PLU, elles sont certes possibles, mais sont systématiquement attaquées en justice.

À quoi attribuez-vous ce retard ?
L’équipe élue à Montpellier aux côtés de Philippe Saurel était, en 2014, inexpérimentée, mis à part Max Lévita et Philippe Saurel lui-même. Or, il faut aux nouveaux élus deux ans pour prendre la mesure du poste, ce qui est normal. Il y a eu, de plus, des méthodes de réflexion participative, beaucoup de séminaires entre élus, l’élaboration du schéma Montpellier Territoires… Tout cela est intéressant, mais ça n’aide pas à définir un Scot et un PLUI. On a perdu du temps, et on le paie aujourd’hui. A la Métropole, le service d’Yves Nurit, directeur général adjoint des services, est constitué de grands professionnels. Il faut arrêter les guerres picrocholines. Avec quelques centaines de k€ de cabinets d’experts, on peut accélérer et voter le PLUI avant les élections. Au moins, les futurs élus ou réélus auront un cadenas de travail.

Vous venez d’instaurer deux périmètres d’études à Lattes, pour l’aménagement urbain du sud de la place de l’Europe et au nord de la Rue des Amandiers. C’est lié à cette pression des promoteurs ?
Oui. Pour la place de l’Europe, qui est l’un des terminus de la ligne 3, les parcelles des villas individuelles sont assez conséquentes, au-dessus de 800 m2. De même pour les terrains proches de la station de la Cougourlude, une douzaine de terrains, également des parcelles de plus de 800 m2. Ces deux secteurs nourrissent l’appétit des promoteurs. Les propriétaires sont dragués par des promoteurs qui leur proposent des prix alléchants, d’autant plus le PLU permet de construire en R+2. Quand on passe, sur une parcelle, d’une unité d’habitations à 30 ou 40, se posent des questions de voisinage, d’arrivées et de sorties de voitures. Ces deux périmètres d’études permettent de tout geler, pour étudier l’aménagement général, avec les enjeux hydrauliques, les traversées piétonnes, les espaces verts, l’amélioration des espaces publics, le développement durable… Aujourd’hui, le sud de la place de l’Europe est barré par des propriétés privées. Je souhaite une nouvelle urbanisation de ce quartier. Je ne veux pas laisser partir des secteurs à vau-l’eau, avec des petits immeubles qui pousseraient sur chacun des lots, sans cohérence d’ensemble ni concertation préalable.

Êtes-vous candidat à la présidence de la métropole de Montpellier en 2020 ?
Aux municipales, je me présenterai à Lattes, pas à Montpellier, que les choses soient claires. Je ne soutiendrai pas Philippe Saurel à Montpellier, ce n’est pas un scoop. S’il faut que je prenne, en 2020, la présidence de Montpellier Méditerranée Métropole, pour réparer la Métropole, instaurer une solidarité entre communes, finaliser les conditions de développement économique et urbanistique, je me mets à disposition. À condition, bien sûr, que je sois réélu maire de Lattes, et que le ou la futur(e) maire de Montpellier veuille travailler sereinement avec moi. Il y a beaucoup de métropoles ou d’agglomérations qui ne sont pas présidées par le maire de la ville-centre. Aujourd’hui, la Métropole de Montpellier n’aide plus les communes, ne porte pas de projets collectifs, n’a pas encore le schéma de mobilité (il doit être adopté courant 2019, NDLR), ce qui est une honte, et, donc, pas encore de PLUI. Philippe Saurel gagne du temps politiquement, mais ce n’est pas efficace pour le territoire.

Les conseils métropolitains de Montpellier, comme devrait l’être celui de ce soir, sont hauts en couleurs, il suffit de visionner les séances sur le site de la métropole…
Même sous Georges (Frêche, il montre le portrait de Georges Frêche, ancien maire de Montpellier, président de Montpellier Agglomération et de l’ex-Région LR, affiché dans son bureau, NDLR), jamais on n’a fait ça. Des engueulades, j’en avais eu avec lui, notamment sur le projet de doublement de l’autoroute A9 (que Cyril Meunier a attaqué devant le Conseil d’État en 2009, NDLR), mais Georges ne m’a pas retiré de vice-présidence (Cyril Meunier s’est en revanche vu retirer mi-2017 sa vice-présidence relative à l’environnement, NDLR). Si mes pairs considèrent que les années passées à gérer de gros dossiers me donnent capacité, je suis disponible. Mais je n’irai pas chercher une quelconque notoriété. En 2014, on a commis une erreur collective en se disant : « Mieux vaut que Saurel prenne la Métropole, cela évitera les guerres entre le président de la Métropole et le maire de Montpellier. » On pensait être tranquilles…

Que pensez-vous de la faisabilité du projet de nouveau stade de football, qui doit être présenté en juillet ?
Je trouve le terrain envisagé (dans la Zac Cambacérès) très petit pour un stade 35 000 places et une salle omnisports. Et les sommes annoncées me semblent légères : ce ne sera pas un projet à 150 M€, mais plutôt 270 M€ minimum. Par ailleurs, je regrette de ne pas être associé à un tel équipement, en tant que maire de la commune limitrophe (le futur stade serait situé à la limite de Montpellier et Lattes, NDLR).

Où en est la localisation du pôle autonomie santé, évoqué lors de vos vœux en janvier ?
Le terrain est désormais fléché : ce pôle d’excellence européen prendra place le long de l’avenue Georges Frêche, face au Mac Do de Carrefour Lattes, au niveau du restaurant chinois La Rose d’Argent. C’est la Sa3M (société d’aménagement de Montpellier Méditerranée Métropole, présidée par Philippe Saurel, NDLR) qui porte le projet. Ce projet mêle technologies, vieillissement, handicap. C’est une filière industrielle qui n’existe pas et dont le territoire a besoin. 8 M€ d’investissement sont prévus, pour une construction de 2 700 m2 minimum.

Le projet Shopping Promenade, de la foncière Frey, doit sortir de terre à Pérols, mais beaucoup d’enseignes commerciales situées à Lattes, qui doivent être transférées vers Shopping Promenade, sont concernées. Où en sont, à votre connaissance, les négociations entre Frey, la Serm et ces enseignes ?
Antoine Frey, patron de la foncière Frey, est un grand professionnel. Son projet prend en compte les modifications considérables du monde du commerce. Il a un métro d’avance. Shopping Promenade doit récupérer 70 % des enseignes existantes de l’avenue Georges Frêche, y compris le cinéma CGR. Ce foncier libéré nous ouvrira des possibilités pour l’implantation d’activités artisanales et industrielles. Il y a une logique globale. Mais le projet fait l’objet de nombreux recours venant de la Socri (gestionnaire du centre Polygone, au centre de Montpellier), qui souhaite s’étendre au centre de Montpellier. Et les recours, ça n’encourage pas les affaires. Il faut mettre Nicolas Chambon (Socri) et Antoine Frey (Frey) autour de la table. Il est de la responsabilité d’un politique d’arrêter les guerres.

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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