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Région Occitanie
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Agri - Agro
| 12/06/2018

Cycles orageux : les impacts sur la production agricole régionale

Près de 50 mm d’eau sont tombés dans le département de l’Hérault lors du dernier épisode orageux du lundi 11 juin. Enregistrées sur toute la région Occitanie, les intempéries de ces dernières semaines ne sont pas sans conséquence sur le monde agricole.

Grandes cultures. Les grandes cultures sont les premières impactées par cette météo pluvieuse. La moisson du blé dur (près de 800 000 t en Occitanie) démarre dans trois semaines et c’est au contraire d’un temps sec et chaud dont a besoin cette céréale à la fin de son cycle. La pression sanitaire est forte sur l’ensemble des cultures d’hiver (blé dur, blé tendre, colza…). « Cela aura certainement un impact sur le rendement mais il est toutefois impossible de le quantifier à ce jour », note Nicolas Prévost, responsable commercialisation des collectes en grandes cultures chez le groupe coopératif audois Arterris (870 M€ de CA, 2.200 salariés, Castelnaudary). Tout dépendra si le cycle orageux touche à sa fin ou pas. « Le Lauragais moissonne un peu plus tard que nous mais ils ont aussi le champignon », indique Michel Pontier, vice-président de la chambre d’agriculture de l’Hérault et président délégué d’Arterris. Mêmes difficultés côté Camargue gardoise.
Les semis de printemps (tournesol, maïs, sorgho…) sont également impactés par la pluie. « Près de 10 000 ha ne sont pas encore semés, note Nicolas Prévost. Tout ce qui sera semé aujourd’hui le sera en retard par rapport à une année normale. Cela ne présage rien de bon sur la productivité de ces cultures sans qu’il soit là-aussi possible pour le moment d’en mesurer l’impact ».

Arboriculture. Les cerises ne supportent pas l’eau. Pour les producteurs, cette longue période de pluie est catastrophique, résume Raphaël Martinez, le directeur de la fédération fruits et légumes d'Occitanie. « Un producteur m’a rapporté qu’il avait comptabilisé sept semaines de pluie entrecoupées de quelques jours de soleil. », confie-t-il. Concernant l’abricot, « les variétés précoces, touchées par le gel, ont été pratiquement absentes du mois de mai. La saison a débuté depuis deux semaines, dans des conditions climatiques orageuses et très humides, ce qui explique le phénomène de brunissement des fruits, et le niveau de sucre moins élevé qu’à l’habitude », communique la fédération. La récolte 2018 en Occitanie était estimée à 38 500 t. « C’était déjà - 15 % par rapport à 2017 avec le gel de printemps, ce sera encore plus important avec la pluie » prévient Raphaël Martinez. Seule la pêche-nectarine (84 000 tonnes prévues en Occitanie) devrait tirer son épingle du jeu : « elle est plus résistante que l’abricot ou la cerise et sa collecte démarre à peine », confirme le directeur de la fédération fruits et légumes d'Occitanie.

Viticulture. Dans le secteur viticole, ce sont les attaques de maladies type black rot (ou pourriture noire) et mildiou qui guettent. Plusieurs foyers ont été repérés. « Ce sont des symptômes qu’on a moins l’habitude de connaître en Méditerranée », rapporte Jean-Marie Fabre, président du syndicat des vignerons indépendants de l’Aude. Au stade de développement de la vigne, la pluie n’a « pour l’instant rien de catastrophique », estime le vigneron audois. Elle a même une incidence positive sur certaines zones comme les Corbières maritimes ou l’axe Narbonne-Perpignan qui ont beaucoup souffert de la sécheresse. Pour l’heure, les viticulteurs sont dans les vignes à contenir le développement du mildiou. Les sols détrempés ne facilitent pas la tâche. Reste en Languedoc un allier naturel de taille qui limite l'usage des produits phytosanitaires : la tramontane. Ce vent du nord, froid et sec, bien connu des méridionaux souffle déjà sur l’Aude. « Reste à espérer qu’il gagne tout le Languedoc ! », souhaite Jean-Marie Fabre. Mais rien n'est gagné encore : un nouvel épisode pluvieux serait déjà annoncé pour la semaine prochaine.

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« La situation du vignoble régional n'est pas catastrophique »
Jean-Marie Fabre, président de la fédération audoise des vignerons indépendants

« Si le mildiou attaque la grappe en elle-même, elle se dessèchera et ne se développera pas. Si il attaque la feuille de vigne, tout dépendra de la surface touchée. C’est un peu comme si un panneau photovoltaïque ne fonctionnait qu’à 50% de ses capacités. Mais nous sommes encore tôt dans la saison, à ce stade une attaque de mildiou est pour ainsi dire sans incidence sur la qualité et la maturité des grappes. Si c'est le feuillage qui est atteint, il va se régénérer rapidement et il en aura largement le temps

 

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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