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Région Occitanie
| | 2/02/2018

Croissance démographique : la cote d’alerte

50.000 nouveaux habitants chaque année en Occitanie. Souvent brandie comme un étendard par les élus, la croissance démographique de la région se leste aussi d’un chapelet de défis, martèle le préfet de région, Pascal Mailhos, lors de ses vœux à Toulouse. « De 5è région sur 13, l’Occitanie deviendra à la fin de l’actuel quinquennat la 3è de France, derrière l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes. Créera-t-on assez d’emplois ? Construira-t-on assez de logements ? Les transports seront-ils adaptés ? En 2040, la région comptera 1 Mdm3 d’eau de déficit par an ! » Autre thème, intégré dans le futur schéma de cohérence territorial de Montpellier Métropole : la consommation foncière. « Chaque nouvel habitant en Occitanie ‘coûte’ 600 m2 de surface – pas uniquement le logement, bien sûr. On ne pourra pas continuer longtemps à ce rythme-là. Les communes littorales n’ont plus que huit ans de réserve foncière en moyenne. » Un foncier convoité, qui se retrouve au cœur de conflits d’usage, entre projets commerciaux, résidentiels, de loisirs, d’infrastructures etc… Entre promoteurs immobiliers par exemple, la concurrence fait rage. « En une dizaine d'années, le nombre de promoteurs s'est considérablement accru (une centaine pour les seuls affiliés à la FPI, NDLR), explique Jacques Rubio, directeur général Kaufman&Broad Sud-Ouest. Conjuguée à la raréfaction du foncier, cette situation impacte à la hausse le prix des terrains, et donc des logements, notamment dans les deux métropoles. Si l'on veut baisser les prix et permettre à davantage de ménages d'accéder à la propriété, les élus doivent libérer du foncier. »
Autre conséquence de l’impact démographique : les petites communes se retrouvent sous pression. Comme à Aimargues (30), qui a gagné 1.000 habitants en quatre ans. Le maire, Jean-Paul Franc, a dû faire installer à la hâte des structures modulaires pour y installer de nouvelles salles de classe, en attendant la livraison d’une nouvelle école de six classes pour la rentrée prochaine (450 k€ d’investissement). Il projette aussi une extension, devenue obligatoire, de la station d’épuration, pour un coût de 3 M€ (financement à 60 % par Agence de l’Eau et Département). « Mieux vaut avoir plus d’habitants que moins. Les taxes rentrent. Mais pour les infrastructures c’est compliqué, confie-t-il. On ne peut pas les financer avec les fonds propres. » Il souhaite par ailleurs que l’État « prenne ses responsabilités » en matière de regroupement d’intercommunalités, afin que les territoires soient mieux armés. « Aujourd’hui, l’État, en donnant un libre arbitre, prend le risque de laisser les communes pauvres entre elles. Alors qu’il faut créer un équilibre. » Pour peser entre Nîmes et Montpellier, il prône ainsi la création d’une communauté d’agglomération, via le regroupement de cinq communautés de communes : Petite Camargue (qu’il préside), Terre de Camargue, Pays de Sommières, Rhôny-Vistre-Vidourle et Pays de Lunel.

Hubert Vialatte et David Danielzik
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