Couderc veut régler ses comptes en interne
Le candidat UMP Raymond Couderc a pris acte de sa défaite dans la soirée du 21 mars à sa permanence de campagne de Montpellier, où une vingtaine de militants faisaient grise mine à l’heure des estimations. Accompagné de son épouse et de la sénatrice de l’Hérault Marie-Thérèse Bruguière, il a exprimé « un grand regret : qu’on ait jamais réussi à parler du fond avant la dernière semaine de campagne, puisque le Guignol frêchiste a entretenu l’actualité pendant des semaines. Le débat essentiel, l’avenir de la région et de ses habitants, a été occulté par les querelles de ménages au sein du Parti socialiste. On a fait ce qu’on a pu dans un contexte qui n’était pas très, très facile. »
Il a confirmé qu’un recours contre Georges Frêche, relatif aux frais de campagne, serait « probablement » déposé, sans en dire davantage sur cette question.
Raymond Couderc a attaqué son propre camp politique : « Tout le monde n’a pas joué le jeu dans notre propre camp. Une élection régionale, pour être réussie sur un territoire aussi vaste, a besoin de relais. Ces relais ce sont surtout les élus locaux et les parlementaires. Malheureusement, des tas de données font que l’un a joué deux coups d’avance en réfléchissant à ce qu’il pourrait faire la prochaine fois, l’autre se disait qu’après tout, son petit confort devait être présenté. C’est clair, quelques-uns n’ont pas joué le jeu. C’est clair, c’est net, tout le monde l’a bien vu. On va en tirer les conséquences dans les semaines qui viennent. Il y aura quelques explications dans notre famille pour faire en sorte que ça ne se reproduise pas. »
Vote-sanction
Il admet à demi-mot qu’il s’agit d’un vote-sanction contre le gouvernement : « On est dans une élection intermédiaire, toujours difficile pour les formations qui soutiennent le gouvernement, ça a toujours été comme ça, cette élection n’échappe pas à cette tradition. Un certain nombre de nos électeurs sont agacés par le rythme des réformes. De plus, ces réformes importantes, de fond, n’ont pas encore donné de résultats. La politique de réformes voulue par Nicolas Sarkozy est courageuse et difficile, on ne se fait pas aimer et on n’obtient pas des louanges quand on fait des réformes de ce type. »
Interrogé sur le score élevé du Front national (presque 20 % d’après les estimations), Raymond Couderc a déclaré : « Il faudra analyser ça au cours de la semaine à venir. Je pense que le vote protestataire du Front national a été rejoint par un certain nombre de personnes qui avaient voté à l’extrême-gauche au premier tour et qui n’avaient plus de candidats au second tour. Comme souvent, les extrêmes se touchent. Ça sera à vérifier au cours de la semaine à venir. »










