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| 22/01/2025

Conxita Marsol Riart (ministre de l'Économie d'Andorre) : « ​Nous voulons renforcer les relations économiques avec l'Occitanie »

© Laurie Correia

« Nous voulons faire connaître l’Andorre et ses possibilités de business pour les entreprises de la région », indique à La Lettre M la ministre de la Présidence, de l'économie, du travail et du logement d’Andorre, Conxita Marsol Riart, lors de son déplacement dans la Ville rose le 21 janvier. Pour l’Andorrane, la priorité est de diversifier l’économie du pays, centrée sur le commerce de détail et le tourisme, en attirant des entreprises du secteur de l’innovation et de la technologie. Ce pays « à la fiscalité attractive » veut parvenir à renforcer ses relations économiques avec l’Occitanie. « Je crois que l’Andorre est un marché potentiel pour les entreprises de la région », soutient Conxita Marsol Riart.

Quelles sont les raisons de votre présence à Toulouse ?
Nous voulons faire connaître l’Andorre et ses possibilités de business aux entreprises de la région, notamment toulousaines. Il nous semble important de diversifier notre économie, qui est centrée sur le commerce de détail et le tourisme. Nous aimerions nous enrichir avec des entreprises du secteur de l’innovation et de la technologie, et nous pensons que Toulouse est le lieu idéal, car c’est une ville technologiquement très avancée et proche de l’Andorre. Nous venons aussi ici pour dresser des ponts avec l’Occitanie et la France, car nous cherchons cet équilibre entre l’Andorre, l’Espagne et la France. Enfin, nous voulons rappeler que l’Andorre propose une fiscalité basse attractive pour les entreprises. 

L’image d’Andorre considérée comme un paradis fiscal, c’est du passé ?
Oui, totalement. Cela fait quelques années que nous sommes complètement homologués au niveau de notre situation fiscale en Europe. Il nous semble important de le faire savoir en étant transparents, afin de ne pas inquiéter les potentiels investisseurs. Nous avons beaucoup travaillé ces dernières années pour perdre cette image de paradis fiscal, notamment en signant des conventions avec presque tous les pays d’Europe. 

Comment pourriez-vous qualifier les relations économiques entre l’Andorre et l’Occitanie ?
Elles sont assez faibles, mais nous voulons les renforcer. Ces dernières années, l’Andorre a eu tendance à se tourner vers l’Espagne pour différentes raisons, notamment la mobilité. Mais nous voudrions trouver un équilibre, d’autant plus que Toulouse n’est située qu’à 2h30 de notre pays. Nous sommes prêts à entretenir de bonnes relations avec l’Occitanie et à compter sur les entreprises régionales pour qu’elles viennent investir en Andorre, installer des filiales… Nous sommes en train de terminer l’accord d’association avec l’Europe (qui doit notamment lui permettre de participer au marché intérieur de l'UE, NDLR), ce qui va nous donner une entrée au marché unique européen.

Sur quoi porte le dialogue et sur quels axes est basée la collaboration économique entre les deux territoires ?
La pandémie de Covid-19 nous a montré que nous ne pouvions pas uniquement être un pays de services. Nous devons aller plus loin, en attirant des entreprises de l’innovation, qui n’ont pas besoin de beaucoup d’espace, car notre territoire est limité, ni de beaucoup de main d’œuvre. Nous visons les secteurs de la santé, du bien-être, du sport, et surtout de la technologie et de l’innovation. Le bon exemple de ce que l’on peut faire en Andorre est celui de Commencal, une entreprise française (le siège est situé à Mende, en Lozère, NDLR) installée en Andorre depuis quelques années et qui fait de l’innovation et de la technologie dans le secteur du vélo.

En quoi l’Andorre peut-elle constituer un territoire stratégique pour les entreprises d’Occitanie ?
Notre fiscalité très basse est notre graal. Notre situation est aussi avantageuse : nous sommes un pays sûr, proche de la France, avec de bonnes infrastructures de santé et des écoles françaises. Nous notons un changement de tendance avec la France, avec de plus en plus de Français et d’entreprises françaises qui viennent s’installer ici. Je crois que l’Andorre est un marché potentiel pour les entreprises d’Occitanie. Pour nous, ce pont avec l’Occitanie, qui est un moteur technologique en Europe, est important. 

Quelle solution envisagez-vous pour attirer les entreprises et start-up de la technologie ?
Avant de venir à Toulouse, nous avons visité Station F (campus de start-up fondé par Xavier Niel en 2017 à Paris, NDLR) car nous voulons nous en inspirer pour le reproduire chez nous, à notre échelle bien sûr. Cette future aire d’innovation serait à destination des entreprises et start-up. Au cours du premier semestre 2025, je vais présenter au Parlement andorran notre projet d’innovation, toujours dans cette volonté de nous élargir à d’autres secteurs. Nous avons déjà visité plusieurs parcs technologiques en Espagne et en France et sommes en train de peaufiner notre modèle. Nous cherchons un espace de 2 000 à 3 000 m2. Par ailleurs, nous voudrions faire le lien avec l’Université d’Andorre, tout comme le fait Station F. Beaucoup de jeunes Andorrans se sont formés à l’étranger ; nous devons donc leur offrir l’opportunité de travailler dans ces domaines à leur retour. 

Quelles synergies peut-on imaginer entre les stations de sport d’hiver d’Andorre et celles d’Occitanie ?
Les stations de ski d’Andorre sont des stations de premier niveau, qui ont réalisé des investissements très importants ces dernières années. Ce secteur a un fort potentiel. Nous pourrions imaginer des connexions avec la France, pourquoi pas à travers un forfait commun avec les stations de ski françaises. L’Andorre a la possibilité de faire progresser la région des Pyrénées. Nous devons travailler ensemble.

Sur quels projets de collaboration travaillent aujourd'hui la préfecture d’Occitanie, la Région Occitanie et les autorités andorranes ?
Lors des réunions transfrontalières entre l’Occitanie et l’Andorre, nous abordons divers sujets, notamment celui des infrastructures. Il est vrai que pour l’Andorre, il est important d’avoir une bonne route d’accès vers la France. C’est pour cela que nous consacrons un budget important au développement des infrastructures. Nous avons plusieurs accords de collaboration avec la France, et l’Occitanie en particulier. Notre participation au projet de viabilité hivernale est substantielle et, au long cours, elle représente plus de 10 M€ sur dix ans, parmi lesquels plus de 4 M€ ont déjà été dépensés. La coopération avec l’Occitanie est un dialogue constant, structuré, positif.

Propos recueillis par Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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