Conseil métropolitain : les déplacements en voiture cristallisent les débats
« Jamais le recours à la voiture n’a été aussi faible dans le territoire », annonce le président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc, lors du conseil métropolitain du 8 janvier. Il fait référence à l’Enquête ménages dévoilée la veille par Tisséo Collectivités et la Région, qui a étudié l’évolution des déplacements dans l’aire urbaine toulousaine de 2013 à 2023. Alors que les trajets en voiture ont diminué de 13 %, « l'usage du vélo a doublé et la marche à pied se développe considérablement », soutient l’élu. À la tête du groupe Métropole solidaire écologique et démocratique, Karine Traval-Michelet tempère : « Même si l’usage de la voiture décroît, il reste malgré tout trop haut en dehors de la ville de Toulouse. »
L’élu de l’opposition Thomas Karmann, co-président du groupe Métropole Écologiste, Solidaire et Citoyenne, regrette que la Métropole toulousaine n’encourage pas à réduire davantage la place de la voiture en ville, « avec pourquoi pas une surtaxation des véhicules les plus consommateurs d’espace et les plus nuisibles pour la santé », ajoute-t-il. Selon l’élu, les transports en commun doivent gagner en part modale. « Cela passera par des bus plus efficaces, notamment entre les communes de la couronne, et des solutions traversantes », complète-t-il.
Sacha Briand, vice-président chargé des finances de Toulouse Métropole et adjoint au maire de Toulouse, souligne de son côté une tendance « extrêmement positive ». Il concède que les difficultés de circulation persistent aux heures de pointe, mais estime que les lignes de bus à haut niveau Linéo « constituent un maillage essentiel pour permettre aux habitants de la première, voire de la deuxième couronne, de se raccorder au réseau structurant ». D’après le président de Toulouse Métropole, les 11 lignes de bus Linéo ont drainé « 42 % de voyageurs en plus par rapport aux lignes préexistantes ». Jean-Luc Moudenc souhaite aller plus loin en lançant la première ligne de bus express, « brique essentielle du futur Serm », qui reliera Basso-Cambo à Muret.
L'usage du vélo « en-deçà de son potentiel »
Thomas Karmann revient par ailleurs sur le vélo, « un levier majeur » selon l’élu. « Sa part modale a doublé, passant à 4 %, soit bien en-deçà de son potentiel, estime-t-il. À l’heure où la métropole de Lyon sort un plan vélo avec cinq fois plus de moyens que le nôtre, cela pose question. » Une remarque qui fait réagir Sacha Briand : « Lyon est une métropole et un département, avec 1,4 million d’habitants contre 800 000 à Toulouse. Dans les 500 M€ de son plan vélo, 118 M€ concernent l’aménagement des places et trottoirs et 200 M€ les travaux de voiries, c'est-à-dire les mesures que nous avons dans nos enveloppes locales. » Et de conclure que « les crédits alloués aux infrastructures strictes de vélo représentent seulement 30 M€, contre 100 M€ pour Toulouse Métropole. Sans parler des pistes cyclables de quartier dans les enveloppes locales. »











