Conseil métropolitain : la réforme des retraites cristallise les débats
La réforme des retraites cristallise les tensions lors du conseil métropolitain du 6 avril. Alors que de nouvelles manifestations ont lieu le jour-même, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, dénonce des dégradations à hauteur de 250 k€ depuis le début de la grogne sociale. « Nous avons été témoins d'un saccage de l'espace public », soupire-t-il, ajoutant que « les commerçants voient leur CA fortement affecté ». Côté opposition, Pierre Lacaze, président du groupe Toulouse Métropole solidaire de la gauche démocratique et républicaine, l'assure : « 80 % des habitants rejettent la réforme. » Et d'ironiser à l'adresse de l'édile : « On ne vous a pas vu aux côtés des manifestants, ces derniers mois... »
Jean-Luc Moudenc veut faire « la part des choses »
Pour Jean-Luc Moudenc, il importe de ne pas « pratiquer l'amalgame ». « Je conçois que l'on puisse être opposé à la réforme des retraites ; pour autant, il y a certaines dérives que je n'accepte pas, explique-t-il. Nous avons subi des coupures d'électricité. Nous sommes confrontés à des blocages des services publics, non pas avec des piquets de grève, mais avec une pratique nouvelle qui consiste, pour certaines syndicats, à faire venir des personnes de l'extérieur qui organisent des blocages affectant la collectivité, en particulier la collecte des ordures ménagères et l'incinérateur du Mirail. » Et de citer le taux relativement modeste d'agents de Toulouse Métropole grévistes - 2,5 % - lors des précédentes manifestations. Jean-Luc Moudenc, l'assure : « Je fais la part des choses entre la volonté de s'opposer à la réforme et certains actes inacceptables commis par une petite minorités de casseurs. Je ne peux pas laisser se dégrader les équipements publics en ne disant rien ! »
L'opposition dénonce une réforme « injuste »
De son côté, Karine Travail-Michelet, maire de Colomiers, vice-présidente de Toulouse Métropole chargée de l'habitat et du logement, et présidente du groupe d'opposition Métropole Solidaire, Écologique et Démocratique, fustige - sur le fond - une réforme des retraites « injuste » qui « révèle la brutalité, l'absence de dialogue social et le déni du gouvernement ». « Il est temps d'écouter les revendications de nos concitoyens », martèle-t-elle, tout en assurant que, quel que soit le contexte, « la colère populaire a toujours tort lorsqu'elle s'attaque au patrimoine commun ».
Co-présidente du groupe Métropole écologiste, solidaire et citoyenne, Isabelle Hardy dénonce quant à elle « un monarque présidentiel qui s'acharne » pour faire passer « une réforme injuste ». « Cela nous rappelle certaines décisions prises ici (au sein du conseil métropolitain, NDLR) alors que la majorité de nos concitoyens étaient contre », glisse-t-elle, avant de déplorer ce qu'elle voit comme « une violence policière sans précédent » : « Si nous dénonçons les dégradations de l'espace public et des bâtiments publics, nous ne pouvons tolérer que des familles qui manifestent pacifiquement soient la cible de tirs de gaz lacrymogènes. »
S'exprimant au nom de la majorité métropolitaine, Sacha Briand, vice-président chargé de la modernisation de la collectivité et des finances, réaffirme, lui, son « attachement à l’État de droit, à la République et aux forces de l'ordre qui constituent le dernier rempart de la démocratie lorsqu'une minorité s'en prend à ce qui fait le fondement de notre système ».











