Pyrénées-Orientales
Viticulture
Congrès des Coopérateurs vignerons : le foncier au cœur des enjeux viticoles

La question du foncier fait partie des grands sujets abordés lors de la 42e édition du congrès national des coopératives vinicoles, qui se déroule à Perpignan jusqu’au 4 juillet. Cette question a été abordée au cours d’une commission de travail détaillée par Boris Calmette (photo), président de la CCVF L-R (confédération des coopératives vinicoles de France), lors de l’assemblée générale de clôture, ce 3 juillet. Selon une étude de la CCVF, 25 % des caves interrogées font état à 10 ans d’une perte de 10 à 30 % des surfaces. « La question du foncier est cruciale, car elle assure le maintien du vignoble pour une activité viticole pérenne, mais aussi assure le renouvellement générationnel », indique Francis Terral, vice-président de la confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF). « Nous nous mobilisons sur ce thème car 3 vignerons sur 4 sont en coopérative et un tiers des exploitations d’ici 2020 sera repris par des hors cadres familiaux », ajoute Boris Calmette.
44 % des caves coopératives envisagent des acquisitions
Si 48 % des caves interrogées par CCVF indiquent avoir réalisé des acquisitions de parcelles viticoles via des filiales (SCI, SCEA…) pour des surfaces inférieures à 20 % du foncier global de la cave, 44 % envisagent d'acquérir du foncier à moyen terme afin d’installer des jeunes et de maintenir le potentiel de production. « Il s’agit aussi de créer les conditions d’un sourcing stable pour les metteurs en marché », complète Bernard Augé, le directeur de la communication de Coop de France L-R. Or, à ce jour, une coopérative ne peut pas acquérir en direct du foncier. La CCVF travaille sur la création d’une « boîte à outils » notamment juridique. La signature d’une déclaration d’intention commune entre la CCVF et la FNSAFER est prévue « pour trouver les modalités d’un partenariat gagnant/gagnant », selon Bernard Augé. Il veut mobiliser la Safer, les chambres d’agriculture, les Jeunes Agriculteurs, « d’être acteur plus que spectateur de l’avenir du vignoble. Au risque dans 10 ans de voir disparaître des terroirs. La coopération doit évoluer, le marché est mondial et nous avons notre place à condition d’agir sur plusieurs leviers : le foncier, l’irrigation… » précise Francis Terral, qui souhaite aussi plus de concertation avec les collectivités pour maintenir le potentiel viticole.
Vignes Patrimoines à Perpignan
L’agglomération de Perpignan s’est penchée sur cette question et a développé un projet de Vignes Patrimoine, dont 11 000 des 13 000 ha de vignes du territoire remplissent les critères. « Ce programme, qui s’appuie sur la Chambre d’agriculture et la Safer, consiste à tout faire pour que ces vignes ne deviennent pas des friches, mais qu’elles soient mises à disposition à la location ou à la vente » explique Gilles Foxonet, vice-président de l’agglo délégué à l’agriculture et à la viticulture. Déjà, 119 ha ont été préservés de l’arrachage grâce à ce programme.
Trois autres commissions de travail ont rythmé le congrès national : les questions européennes, le développement durable, et la rémunération des associés coopérateurs.










