Common Good Summit : à Toulouse, un sommet pour « sauver le bien commun »
Toulouse School of Economics (TSE) organise* les 1er et 2 juin aux Espaces Vanel, à Toulouse, la 3e édition du Common Good Summit, sur le thème : « Sauver le bien commun : sacrifices et opportunités ». Un rendez-vous rassemblant à la fois des économistes, des élus et des dirigeants d’entreprises. L’occasion pour le prix Nobel d’économie 2016 Bengt Holmström, professeur au Massachusetts Institute of Technology, d’évoquer les enjeux de la transition écologique. « Les objectifs fixés collectivement ne suffiront pas à faire bouger les gens, estime-t-il. Il faut agir localement, car lorsque l’on traite les externalités d’un point de vue local, les solutions atteignent la population de façon plus prégnante. »
Réaligner intérêts privés et bien commun
De son côté, Christian Gollier, directeur général de TSE, estime que « la façon de définir le bien commun reste l’un des éléments les plus sensibles dans nos sociétés ». Et l’économiste d’évoquer, à titre d’exemple, le report de l’âge de départ à la retraite en France : « Il y a débat, les gens ne sont pas d’accord. Et on ne sait pas comment comparer les coûts et les avantages d'une telle réforme. C’est le même principe avec les vaccins : quelle est sa véritable valeur ? S’il n’y avait pas eu le vaccin pendant la crise du Covid-19, nous serions restés plus longtemps confinés, avec toutes les conséquences que cela suppose sur le fonctionnement de la société. Cela va donc bien au-delà du seul prix du vaccin. » Christian Gollier l’affirme : à l’heure de la transition écologique, « le PIB ne constitue pas une bonne mesure. Il faut aussi prendre en compte les coûts et les avantages sociétaux. L’Histoire nous démontre que les démocraties libérales sont les meilleures ; mais cela ne signifie pas qu’elles ne génèrent pas d’externalités. Car dans bien des cas, les intérêts privés ne sont pas alignés avec le bien commun. » Pour l’économiste, « fixer un prix au carbone obligera les différents acteurs à faire des efforts ».
La réindustrialisation en question
En introduction des débats, le conseiller régional Thierry Cotelle s’est posé en défenseur de la réindustrialisation du pays. « Nous avons tant manqué de perspectives de long terme que nous avons abandonné l’industrie, soupire-t-il. Or, sans une industrie relevée, le financement de l’État providence n’est pas assuré. La réindustrialisation sera technologique, numérisée, robotisée, éco-responsable, électrique et soutenue par une recherche massive. Et cette politique devra s’appuyer sur les énergies des territoires. »
* En partenariat avec le magazine Challenges, Les Echos Événements et La Dépêche du Midi











