Comment Royal Canin veut croquer la concurrence
Spécialisé dans la nutrition animale depuis sa création à Aimargues en 1968, le groupe gardois entend conserver son statut de leader sur un marché devenu ultra-concurrentiel et en pleine évolution. Une stratégie basée sur une démarche RSE ambitieuse et un programme d’investissement de plusieurs millions d’euros.
« Nous évoluons sur un marché qui devrait progresser de 5 % en 2024 au niveau européen. Or si nous n’avions qu’une poignée de concurrents il y a seulement quelques années, ces derniers sont aujourd’hui plus d’une trentaine », résume Cédric Malié, nouveau président de Royal Canin France, en évoquant le principal enjeu du groupe agroalimentaire dont le siège social et la principale unité de production sont basés à Aimargues. Arrivé à la tête de cette filiale du géant américain Mars en novembre dernier, le dirigeant compte relever ce défi commercial et sociétal en misant sur une politique RSE ambitieuse déployée dans le cadre d’un « plan stratégique global » à l’horizon 2030.
28 M€ d’investissement
« Cela passe tout d’abord par l’amelioration de nos process industriels. L’objectif est de réduire notre impact environnemental et nos émissions de gaz à effet de serre en limitant notre consommation d’eau, d’électricité et la production de déchets, explique Cédric Malié. Nous avons aussi investi dans l’installation de bornes électriques et de panneaux solaires dans nos sites d’Aimargues et de Cambrai, dans le Nord de la France. Notre logistique a par ailleurs été réorganisée avec l’utilisation du transport ferroviaire et une flotte de véhicules fonctionnant à l’hydrogène, à l’électrique et aux biocarburants. » Des efforts qui ont déjà permis au groupe de diminuer ses émissions. Pour y parvenir, Royal Canin France investit massivement dans ces installations. Près de 28 M€ vont ainsi être injectés en 2024, dont 16 M€ au sein du site gardois. « Au-delà de l’amélioration de notre empreinte environnementale et des standards de sécurité alimentaire, nous misons également sur l’innovation. Aimargues abrite en effet le centre mondial de R&D de Royal Canin ainsi que trois laboratoires. Le groupe propose aujourd’hui plus 700 solutions nutritionnelles différentes pour apporter des bénéfices tangibles à la santé des chiens et chats. Cela nous permet de développer autant de références distribuées dans les 102 pays approvisionnés par l’usine d’Aimargues. Et ce dans une logique d’amélioration constante de nos produits, qui visent l’excellence en termes de qualité », détaille le dirigeant de Royal Canin France, dont l’usine gardoise exporte 85 % de sa production. Notre ambition, qui constitue l’ADN du groupe, est de favoriser le bien-être animal, ce dernier ayant un impact direct sur la santé des humains qui en sont propriétaires. »
Nouveaux modes de consommation
Pour consolider ses parts de marché et maintenir sa position de leader, le groupe, qui emploie 1 800 personnes en France, dont 400 salariés experts (vétérinaires, scientifiques, nutritionnistes), doit aussi s’adapter à l’évolution des modes de consommation. « Le marché a été dopé par la crise sanitaire avec une vague d’adoption importante. Et ce dernier s’est inversé avec la baisse du nombre de chiens et l’explosion de celui des chats en lien avec de nouveaux modes de vie. Plus près de nous, l’inflation a eu un impact sur les prix avec une baisse du panier moyen, conséquence de la hausse des tarifs, observe Cédric Malié. Et les codes de communication ne sont plus les mêmes avec l’émergence des nouvelles générations. Nous devons donc là aussi nous adapter à ces évolutions en investissant de nouveaux canaux tels que les réseaux sociaux. Repositionner Royal Canin en marque forte auprès de cette nouvelle catégorie de clientèle fait donc partie de nos priorités. »











