Comment l'usine Recycat66 industrialise le réemploi des matériaux du BTP
Produire du béton à partir de déchets de chantier. Créée par le groupe roussillonais Vaills à Baho, l'usine de revalorisation de gravats issus du BTP Recycat66 a mobilisé un investissement de 11 M€, « dont 3 M€ injectés dans un process de réutilisation de l’eau », indique fin septembre à La Lettre M, Jean Vaills, dirigeant du groupe basé au Boulou spécialisé dans la production de matériaux de construction. « Opérationnel depuis 2023, ce site substitue aux matériaux issus de carrière, des matériaux recyclés équivalents. Il traite 200 t/h de matériaux issus de chantiers - démolition, terrassement, voirie - et de déchetteries. À court et moyen terme, nous visons 300 000 t traitées par an, soit une hausse de 50 % des volumes. »
Circuit de traitement local
Installée sur 13 hectares, l’unité est la « première installation de France à avoir industrialiser le processus de recyclage des matériaux du BTP », complète le dirigeant du groupe qui entend ainsi atténuer le coût du recyclage des matériaux en s'appuyant sur la réglementation RE2020 imposant l'utilisation de matériaux recyclés ou de béton bas carbone. Une dizaine de personnes s’activent sur le site pour trier les gravats qui sont ensuite transformés en sable et gravillons pour « la fabrication de béton, ou en matériaux pour nos clients tels que Point P, M+ Matériaux, Chausson..., précise le dirigeant. Un ferrailleur traite le fer, tandis que l’entreprise Tubert basée à Elne gère le plastique et le bois. Plus on recycle moins on ponctionne dans les carrières, et moins on enfoui. C’est cela qui nous anime. » L'usine a obtenu le label Geco garantissant une “économie circulaire des matériaux“. « Nous nous appuyons également sur trois laboratoires d’analyses basés au Boulou pour réaliser les prélèvements », ajoute-t-il.
Un marché pas encore mature
Pour l’heure, malgré la législation liée à la transition écologique, les marchés incitant à l'utilisation les matériaux recyclés sont « encore trop peu nombreux », précise Jean Vaills en expliquant que 3 000 m3 de béton produits à partir de gravillons recyclés et du sable recyclé ont été utilisés pour réaliser les travaux de génie civi de l'usine. « Les 1 000 tonnes d’enrobés mis en œuvre sur le site, intègrent également des granulats recyclés ». Le projet Recycat66 a été financé par l’entreprise avec le soutien des banques Caisse d’Épargne, Société Générale, LCL, Bpifrance et Arkea. « Bien que vertueux, il n’a pas bénéficié d’aides institutionnelles, précise le dirigeant. Pour autant, nous nous sommes également appuyés sur des entreprises françaises pour nous aider à réaliser les équipements de l'usine de recyclage, dont une basée dans le département, à Saint-Jean-Pla de Corts. » Le groupe Vaills emploie 150 personnes pour un chiffre d'affaires de 33 M€.











