Comment les industriels du plastique veulent redorer leur image
« Nous souffrons tous les jours de ”plastic bashing” alors que nous pouvons être des acteurs du bas carbone », affirme Sylvain Guéret président de Polyvia Occitanie (délégation régionale du syndicat national des professionnels de la plasturgie Polyvia) et PDG de l’entreprise gardoise G Plast’it. Avec 186 entreprises qui emploient 4 300 personnes et génèrent un chiffre d’affaires de 1,5 Md€, la région Occitanie ne représente que 6 % de la filière française de la plasturgie. Cependant, grâce à la diversité de ses acteurs, « elle est un échantillon très représentatif » du paysage national de l’industrie du plastique, estime Sylvain Guéret. Elle fait même figure de modèle en matière de pratiques : les entreprises régionales utilisent en moyenne 15 % de plastique recyclé alors que la moyenne nationale n’est que de 10 %. Dix entreprises* d’Occitanie ont d’ailleurs déjà obtenu le label More qui valorise l’usage de plastique recyclé, et cinq de plus devraient décrocher ce label européen avant la fin de l’année.
Encourager le recours au plastique recyclé
Pour encourager les industriels à privilégier le plastique recyclé, l’État a mis en place des aides financières spécifiques octroyées par l’Ademe mais méconnues des professionnels. « Je ne connaissais pas l’existence de ces aides avant que Polyvia ne vienne frapper à ma porte pour m’en informer et m’aider à déposer mon dossier de demande », avoue Laurent Massotte, PDG du groupe toulousain MEP, qui conçoit, fabrique et distribue des matériaux PVC et MDF pour le secteur du bâtiment (150 salariés, CA : 50 M€). Même constat pour Jean-Luc Houalla, PDG de l’entreprise Eurostat, spécialisée dans l’emballage de protection contre les décharges électrostatiques (150 salariés, CA : 3 M€, siège à Toulouse), qui a déposé deux dossiers validés par l’Ademe. « Sans l’intervention de Polyvia, je n’aurais pas su que j’étais éligible à ces aides », indique le chef d’entreprise. En Occitanie, quinze dossiers d’aides Ademe ont été déposés depuis le début de l’année, soit « 13 % du nombre total de dossiers en France », se félicite Sylvain Guéret.
La question de l'acceptation
Malgré les aides financières, le recours au plastique recyclé reste parfois difficile. « Chez MPM, nous utilisons de la matière régénérée depuis 20 ans. Nous sommes aux alentours de 30 % et nous pourrions aller plus loin. L’aéronautique commence à l’accepter, mais d’autres secteurs comme le médical demandent encore uniquement des matières "nobles", probablement pour des questions d’homologation et de traçabilité », témoigne Nathalie Hackenberger, directrice de MPM (79 salariés, CA : 17 M€, siège à Muret - 31). « Il y a dix ans, personne ne voulait de matériaux recyclés dans le bâtiment. C’était vu comme du bas de gamme. Aujourd’hui, il y a moins de réticences, admet Laurent Massotte. Le problème du recyclé reste toutefois l’esthétique » conclut-il.
*Cid Plastiques (Valergues - 34), Méridies (Nîmes - 30), Qapi (Lorp-Sentarailles - 09), Bormioli Pharma (Saint-Sulpice la Pointe - 81), Midi cintres & packaging (Coufouleux - 81), MPM (Muret - 31), Actis Isolation (Limoux - 11), Drostub (Blaye-les-Mines - 81), Eurostat (Toulouse - 31), Sirap France (Remoulins - 30).










