Comment le voyagiste toulousain Amplitudes veut rebondir
Après avoir accusé une baisse d’activité de près de 50 % en 2020, le groupe Amplitudes spécialisé dans les voyages individuels, les voyages d’affaires et de groupes table sur un retour progressif à la normale dans les prochains mois. Explications avec son président, José Martinez.
Quel bilan tirez-vous de l’exercice 2020 ?
Nous avions prévu de franchir la barre des 100 M€ de chiffre d’affaires en anticipant une croissance annuelle de l’ordre de 30 % (CA 2019 : 95 M€). La dynamique était très forte jusqu’en février avant l’arrêt brutal de l’activité lié au premier confinement. Nous avons notamment dû gérer les annulations de voyages individuels. Au final, la baisse de notre volume d’affaires s’est élevée à 50 %. C’est la première perte enregistrée par notre groupe depuis sa création. Notre bon début d’année a malgré tout permis de limiter l’impact de cette crise.
Comment avez-vous géré cette situation ?
Sans visibilité concernant la reprise et pour éviter de créer des charges inutiles, nous avons mis nos équipes en “hibernation“. La moitié de nos 140 salariés ont été placés en chômage partiel. Au niveau financier, nous avons sollicité un PGE (prêt garanti par l’État) et levé de la dette auprès de la BPI. L’objectif était de sécuriser notre trésorerie en vue de préparer la relance de l’activité. Et depuis trois mois, nous remboursons les avoirs de nos clients.
Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Deux tendances se dessinent depuis une quinzaine de jours. Concernant le segment du voyage d’affaires, le trafic reprend peu à peu. L’activité représente environ 40 % des volumes enregistrés en temps normal. Nous sentons une volonté des entreprises de reprendre leurs déplacements au national et en Europe. À l’inverse, nous n’avons que très peu de demandes à l’international compte tenu de la fermeture de nombreuses destinations. Je dois par ailleurs préciser que notre activité est largement supérieure - de l’ordre de 15 % - à la moyenne réalisée par les autres professionnels du secteur. Notre expertise nous a notamment permis de décrocher de nombreux appels d’offres. Concernant les voyages de groupes, 100 % des séjours prévus en 2020 ont été reportés à l’automne 2021 ou au début de 2022 dans la perspective d’un retour à la normale. Enfin, sur le marché du voyage individuel, nous sommes parvenus à faire partir quelques clients malgré la crise sanitaire. Plus concrètement, nous constatons une très forte hausse de la demande depuis le déconfinement, notamment pour les destinations européennes. Malgré ces signaux encourageants, nos agences sont toujours fermées. Et nous ne recevons nos clients que sur rendez-vous.
Compte tenu de ce contexte, quelles sont vos priorités et vos perspectives ?
L’arrêt de l’activité a été l’occasion de revoir nos process, dont le contrôle des billets d’avion. Ces efforts nous ont permis de réaliser d’importants gains de productivité. Pour l’heure, la priorité est de remettre progressivement nos équipes au travail. Nous devons sécuriser notre offre. Avec la crise, beaucoup d’hôtels sont toujours à l’arrêt, voire ont cessé leur activité. Il en est de même avec les guides touristiques. Certains ont changé de travail et n’exercent plus. Il est donc primordial de s’assurer que nous pouvons toujours compter sur nos prestataires habituels. Par ailleurs, le trafic aérien international va mettre plusieurs mois avant de retrouver son niveau d’avant-crise. Compte tenu de ces difficultés, 2021 ne sera pas une bonne année. Notre objectif consiste donc à équilibrer nos comptes. Les aides gouvernementales vont y contribuer largement. Selon moi, 2022 sera l’année de la renaissance du secteur avec un retour à la normale à l’horizon 2023 – 2024. La généralisation du pass sanitaire devrait faciliter cette reprise.










