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Ariège / Haute-Garonne
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Industrie
| 18/01/2022

Comment AHG Médical prépare l'après-crise sanitaire

Implantée à Varilhes (Ariège), AHG Médical, filiale des Ateliers de la Haute-Garonne (AHG) basés à Flourens (Haute-Garonne), a reçu Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, le 14 janvier dernier. Spécialisée dans les rivets et les visseries aéronautiques, cette entreprise familiale a choisi de se lancer dans la production de masques chirurgicaux et FFP2 en 2020. « Cette année-là, la crise de la Covid-19 a impacté notre activité à hauteur de 40 %, explique Stéphane Auriol, à la tête du groupe. Ce projet de diversification dans le secteur médical a par conséquent été une belle opportunité, d’autant que les procédés de production sont identiques à ceux de notre métier historique : des volumes importants, de la technicité et peu de marge. » En mai 2020, le groupe lance Auriol Masques et s’implante à Varilhes grâce au rachat de l'entreprise Mkad. L’usine est désormais capable de produire 30 millions de masques par mois.

Ce projet a nécessité 24 M€ d’investissement cofinancés par l’État (3,5 M€) et la Région Occitanie (2,5 M€). « AHG montre qu’il est possible de réindustrialiser dans les territoires. Il suffit d’avoir la bonne méthode », estime Agnès Pannier-Runacher.

L’intégration verticale de la production, gage de compétitivité

Pour être compétitif, AHG mise sur l’intégration verticale de la production, autrement dit la fabrication d’un maximum d’éléments du masque sur place. L’entreprise élabore désormais les élastiques et la barrette nasale. Le groupe est également habilité depuis plusieurs semaines à produire du meltblown, matériau textile non tissé, jusque-là importé de Chine et de Turquie. Un « cap nécessaire à passer » pour la ministre déléguée chargée de l’Industrie afin de « consolider la filière » et ainsi de « maintenir les moyens de production ».

Entre 20 et 25 millions de masques par semaine après la crise

Stéphane Auriol souhaite désormais pérenniser son activité et voir au-delà de la crise sanitaire. Pour cela, il cible plusieurs marchés : les personnels soignants, les entreprises et les particuliers. « Nous espérons produire entre 20 et 25 millions de masques par mois et ainsi générer entre 30 et 40 M€ de chiffre d’affaires. Nous devrons ainsi adapter nos cadences et certainement passer des 3x8 aux 2x8 », explique le chef d’entreprise.

Les acheteurs publics appelés à acheter français

Pérenniser la filière passe inévitablement par l’accès à un marché dynamique. L’État a choisi de se montrer volontariste en la matière. « Nous agissons au travers de plusieurs leviers », détaille Agnès Pannier-Runacher. Après une commande de Santé Publique France d’un milliard de masques fabriqués en France, l’État souhaite inciter les acheteurs publics à contractualiser avec des entreprises nationales. Une circulaire est parue en ce sens le 15 décembre dernier. Elle prévoit notamment « l’entrée en vigueur d’une clause de préférence européenne ».

Le Gouvernement a également transmis un guide aux collectivités locales en vue de la rédaction de leurs appels d’offres. « Nous constatons déjà des premiers effets positifs en lisant les appels d'offres publiés récemment », conclut Stéphane Auriol.

Célia Rumeau / redaction.toulouse@lalettrem.net
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