Claude Allègre : « Frêche est le dernier des dinosaures »
« Frêche, c’est le dernier des dinosaures, a confié l’ancien ministre de l’Education nationale Claude Allègre, lundi 20 septembre à Sète, en marge des Masters de La Lettre M qu’il est venu présider. Il y a eu Mauroy à Lille, Deferre à Marseille, Chaban-Delmas à Bordeaux, Baudis à Toulouse. Vous aviez un type dans une région qui faisait tout, des féodaux. Frêche est le dernier. Après lui, ça ne sera plus comme ça dans votre région. Avec le non-cumul des mandats, il y aura un président de la Région, du Département, des Agglos… les régions sont multipolaires. Frêche est une survivance d’une époque révolue. Mais à Montpellier, il a été un élément positif, un grand maire, il a tiré Montpellier de manière fantastique. Le jugement n’est pas facile à émettre, la seule question qu’on puisse se poser : est-ce qu’il n’a pas fait son temps ? »
Les relations ont parfois été tendues entre les deux hommes : « Frêche a organisé des manifestations contre moi, lorsque j’étais ministre de l’Education nationale… Quand j’étais conseiller régional, je le voyais à la lutte avec Jacques Blanc, dans les réunions au Rectorat ou à la préfecture, pour entrer en premier dans la salle. C’est quand même un drôle de personnage. Je pense que quelqu’un écrira un roman dont il sera le personnage central. Il m’en veut parce qu’il pense que je ne l’ai pas recommandé pour être ministre. Mais Frêche ministre, personne n’a jamais eu cette idée ! Au bureau national, il venait une fois sur deux, et il faisait des scandales. Pour le prendre au bureau national du PS, ça a été une longue négociation. »
« La candidature d'Hélène Mandroux aux régionales était idiote »
Sur le réchauffement climatique : « Le problème du climat, c’est fini, on n’en parle plus. Ce n’est plus une priorité, on s’est rendu compte qu’on se faisait peur. Il y a d’autres priorités : la faim dans le monde, qui tue un enfant toutes les six secondes, l’accès à l’eau potable et, dans les pays développés, le chômage et l’avenir de nos enfants. Occupons-nous des vrais problèmes. »
Concernant le développement économique de la région : « Il ne faut pas développer Montpellier en taille, mais en qualité. C’est ridicule de viser 500 000 habitants. Le tissu de PME est important, il faut essayer de développer les PME innovantes. Les atouts ? Le climat agréable, les gens accueillants, des équipements culturels… une des causes de réussite économique de l’Allemagne, c’est qu’il y a une coopération bien meilleure en Allemagne entre les grands groupes industriels et les PME. »
Sur la candidature d'Hélène Mandroux face à Frêche lors des dernières élections régionales : « C’était idiot, parce que c’était perdu d’avance. C’est des idées des apparatchiks parisiens, qui ne connaissent pas la région, l’implantation locale. Ils pensent que de Paris, ils peuvent faire ceci ou cela. Celui qui déboulonnera Frêche, c’est le type qui fera campagne ici, contre Frêche. De Paris, on ne fera rien. » Pour la présidentielle 2012, Claude Allègre a confié que la gauche n’avait selon lui « aucune chance », du fait de ses luttes internes. « Les deux hommes les plus brillants à gauche en ce moment sont François Hollande et Jean-Luc Mélenchon. Mais Ségolène Royal n’est pas morte. Elle a une vraie intuition politique et a la capacité à faire des coups. »










