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| 5/09/2023

Clap de fin pour Aquafadas (Rakuten) à Montpellier

© Rakuten France

[Exclusif] Le géant japonais des services en ligne Rakuten va interrompre les activités de sa filiale Rakuten DX (ex Aquafadas) basée à Montpellier et rachetée en 2012, pour cause de « recentrage stratégique ». « Le groupe est contraint de cesser l’activité d’Aquafadas et de procéder au licenciement de l’ensemble du personnel pour motif économique », pointe la société dans un document interne que La Lettre M a pu consulter. Selon cette note, Aquafadas (45 salariés, CA 2022 : 9,4 M€) représente « une charge pour le groupe, contribuant aux pertes et plus particulièrement à celle de l'activité “Mobiles“ ». Un segment représentant 94 % du CA total de la société héraultaise, fondée en 2006 par Claudia Zimmer et Mathieu Kopp.

Un premier recentrage en 2021

Acquise en 2012, la pépite héraultaise Aquafadas était initialement spécialisée dans le développement de logiciels. Elle constituait la seule entité du groupe nippon en France à exercer une activité de développement d’applications mobiles, d’automatisation de publication numérique et d’enrichissement de contenus. Il y a deux ans, la filiale montpelliéraine a pourtant fait l’objet d’un premier pivot. La réorganisation a généré la suppression de 18 emplois au sein des fonctions commerciales et support. « Il a été décidé, au cours de l’année 2021 de recentrer l’activité de la société Aquafadas sur les besoins internes du groupe. Elle était devenue un centre de développement pour les projets stratégiques ». Le site de Montpellier s’est alors mué en hub d’expertise technologique du groupe dédié au développement d’infrastructures cloud et mobiles pour l’internet à haut débit. Le site était alors présenté comme le pôle R&D du projet Symphony, identifié comme moteur dans le segment des télécommunications. Bénéficiaire au niveau mondial, l’activité Internet de Rakuten- aussi présent à Paris- affiche une perte de 31 M€ sur le marché français.

Des pertes records pour le groupe

Des solutions de reclassement ont été proposés aux salariés de l’antenne montpelliéraine du groupe. De même, Rakuten gèle ses créations de poste en France, où il opère dans l'e-commerce. Et il a « réduit ses effectifs de 50 personnes » de sa filiale Rakuten Advertising en Europe. À l’échelle mondiale, le groupe japonais (CA 2022 : 13, 6 Md€, 25 000 salariés) a accusé une perte nette de 379 Md€ sur l'exercice précédent, soit trois plus qu’en 2021. L’unité de production BSS de Rakuten, dédiée au développement de logiciel -dont faisait partie Aquafadas – subit aussi une coupe drastique. Le recentrage de l’activité a déjà conduit à la suppression de 28 emplois aux Etats-Unis, en Angleterre (13) et à Singapour (15). Les activités en Irlande vont aussi cesser. Quant à celles opérées par Aquafadas, elles seront reprises par l'antenne japonaise de la division (42 salariés). Contacté par La Lettre M, le groupe Rakuten indique vouloir continuer « de développer Rakuten Symphony et optimiser l'efficacité opérationnelle et les coûts. Nous avons décidé de concentrer les efforts de la division BSS sur le soutien à nos clients existants; Rakuten Mobile et 1&1. » Et d'indiquer que « la fermeture du bureau de Montpellier entraînera une réduction des effectifs de moins de 50 personnes. »

À lire également : Rakuten DX abandonne l’activité historique d’Aquafadas et devient un hub technologique

Mickaël Deneux / deneux@lalettrem.net
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