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Languedoc-Roussillon
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Aéronautique et spatial / Transports - Logistique
| 27/10/2020

Les aéroports maintiennent leurs investissements

Transavia a lancé sa base montpelliéraine en juin dernier. Crédit : Transavia.

Malgré une baisse de l'activité commerciale, qui s'accélère depuis la fin de l'été, les aéroports régionaux maintiennent leurs investissements : extension d'un terminal ou d'un parking, création d'un hangar... En attendant, impuissants, de voir le bout du tunnel.

« Si on veut maintenir notre base à Montpellier, il faut faire le dos rond, en réduisant la voilure quand il n’y a pas de demande, entre mi-novembre et mi-décembre, et en tirant parti des vacances scolaires », affirme à La Lettre M Nicolas Hénin, DG adjoint de la compagnie Transavia, nouvellement implantée à Montpellier. Si les premiers vols ont été repoussés d'avril à juin, le taux de remplissage n'a pas dépassé 60 % cet été sur les dix nouvelles destinations proposées, dont la Grèce, pays le plus prisé.

Effet Transavia

« Nous avons eu peur de perdre Transavia », confie Emmanuel Brehmer, président du directoire de l'aéroport de Montpellier. Celui-ci visait les 2,3 M de passagers en 2020. Ils devraient être 800 000. « Malgré l'impact de la Covid-19, nos soldes d’exploitation seront positifs. Les banques nous suivent, il y a le PGE et un plan d’économies qui vise les postes de sous-traitance comme le nettoyage. Le budget 2021 sera construit pour un redémarrage en avril. » N'est-ce pas trop optimiste ? « Le trafic en France, en Europe et au Maghreb, où nous opérons, repartira plus vite qu'à l'échelle mondiale », parie-t-il.

Alors que « la moitié des réservations se fait deux semaines avant le vol, contre un quart avant la crise », reprend Nicolas Hénin, l'objectif initial de Transavia de vingt destinations et 500 000 passagers supplémentaires par an pour Montpellier semble inatteignable à court terme. « On a arrêté le Maroc car il y avait beaucoup de restrictions et aucun vol n'a été opéré vers l'Algérie, à l'espace aérien fermé », illustre-t-il. Transavia mise sur les vols intérieurs pour limiter la casse : Nantes dès novembre puis Brest, Rennes, Lille et Strasbourg aux vacances de Noël.

Extension d'un terminal

Si, à Carcassonne, Ryanair a suspendu ses vols vers le Royaume-Uni et l’Irlande, reconfinée, à l’aéroport de Béziers Cap d’Agde, la compagnie a repris le 1er juillet avec sept destinations sur huit. Cet hiver, ce sera deux sur trois : Paris-Beauvais et Charleroi sont maintenus et Londres mis de côté car jugé non rentable depuis la quarantaine imposée par le gouvernement britannique. Et l'extension de 200 m2 du terminal dédié à l'aviation d’affaires se fera bel et bien d'ici à avril. « L'investissement, de 300 k€, est raisonnable. Notre ambition d'attirer des CSP++ toute l'année est intacte », assure Pascal Pintre, DG du syndicat mixte gestionnaire.

Du côté de Nîmes-Garons, l'activité commerciale est à la peine. « Avant la Covid-19, l’aéroport recevait environ 230 000 passagers par an. En 2020, nous devrions en compter 70 000 », déplore Olivier Fabregoul, vice-président délégué au développement économique de Nîmes Métropole. Heureusement, l'activité industrielle tient bon : « Trois entreprises déjà basées sur la plateforme aéroportuaire ont des projets d’extension et une entreprise a pris contact avec nous pour s’y installer. » Enfin, à Perpignan, l'espoir vient de Volotea dont les liaisons estivales vers Lille et Nantes ont été reconduites cet hiver.

Cyril Peter avec Véronique Coll et Stéphanie Roy
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