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Haute-Garonne / Région Occitanie
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Energies / Labos - Recherche
| 26/04/2024

Christophe Turpin : « Le Technocampus Hydrogène favorisera le rapprochement entre la recherche et l'industrie »

© DR / Mathieu BLANC/CTV Architecte

Attendu à la fois par les chercheurs et par les industriels d'Occitanie, le futur Technocampus Hydrogène verra le jour d’ici à 2026 à Toulouse Francazal. Le point sur cette initiative XXL, fruit d’un investissement immobilier de 45 M€, avec Christophe Turpin, cheville ouvrière du projet, directeur de recherche au CNRS et responsable des activités hydrogène du laboratoire toulousain Laplace. Interview exclusive.

Quelles sont les ambitions du futur Technocampus Hydrogène de Toulouse Francazal, dont les travaux doivent débuter cet été ?
Le Technocampus, qui verra le jour en deux temps (entre fin 2025 et l’été 2026, NDLR), répondra à trois enjeux principaux. D’une part, il permettra de poursuivre l’ensemble des travaux menés depuis plus de quinze ans par la Plateforme Hydrogène de Toulouse. D’autre part, il favorisera le rapprochement entre la R&D universitaire et la R&D industrielle en proposant aux acteurs privés de mener des expérimentations sur leurs prototypes. Enfin, le Technocampus – qui s’appuie sur un investissement immobilier global de 45 M€, auquel s’ajoutent entre 17 et 20 M€ d’équipement scientifique, dont une moitié reste à acquérir – accompagnera la formation des futurs techniciens et ingénieurs d’essai dans le champ de l’hydrogène.

En quoi le Technocampus s’inscrit-il de façon naturelle dans l’action menée depuis des années, vous l’avez dit, par la Plateforme Hydrogène de Toulouse ?
Sans la Plateforme Hydrogène de Toulouse, le Technocampus n’existerait pas, en tout cas pas sous cette forme. Animée par des chercheurs issus de quatre laboratoires – le Laboratoire plasma et conversion d’énergie (Laplace), le Laboratoire de génie chimique (LGC), l'Institut de mécanique des fluides de Toulouse (IMFT) et le Centre interuniversitaire de recherche et d'ingénierie des matériaux (Cirimat) –, la plateforme, qui a bénéficié d’un investissement de 10 M€, a accompagné la soutenance de plus de 200 thèses au cours des dix dernières années. Avec le Technocampus, l’ambition est encore plus grande.

En tant que centre d’essai dédié aux technologies de l'hydrogène, le champ d’action du Technocampus ne sera pas exclusivement lié à l’aéronautique…
En effet ! Même si les applications aéronautiques occuperont une grande partie de ses activités, avec une implication forte d’acteurs comme Airbus et Safran, le Technocampus ne sera pas mono-sectoriel. Il aura vocation à répondre en particulier aux enjeux de la mobilité lourde – poids-lourds, bus, trains… – et couvrira l’ensemble de la chaîne de valeur, intégrant la production d'hydrogène au travers du processus d'électrolyse, mais aussi l'étude des solutions de stockage et des différents types d'utilisation de l'hydrogène. Et ce en partant d’un principe simple : partout où il faudra essayer de faire sans les combustibles fossiles, lorsqu’il n'y a pas d’alternative, l’hydrogène peut jouer un rôle.

Quelles synergies faut-il attendre entre chercheurs et industriels ?
Le Technocampus sera avant tout un centre d’essai. C’est donc là que les laboratoires réaliseront leurs essais. Mais les industriels ne disposant pas en leur sein d’infrastructure adaptée seront eux aussi invités à y mener leurs tests. C’est toute la vocation du Technocampus, qui a été conçu comme un outil ouvert et partagé, un lieu de rendez-vous unique en son genre en France, voire même en Europe, permettant de mener des expériences de haut niveau. Et si les grands acteurs constitueront les piliers industriels de l’infrastructure, les PME et les start-up auront elles aussi toute leur place au sein du dispositif.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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