Fil infos

Région Occitanie
|
Aéronautique et spatial / Labos - Recherche
| 30/04/2024

Christian Picollet (IRT Saint-Exupéry) : « Conserver le leadership aéronautique et spatial français »

© IRT Saint-Exupéry

Élu fin mars à la présidence de l’IRT Saint-Exupéry, institut de recherche technologique toulousain spécialisé dans l’aéronautique, le spatial et les systèmes embarqués, Christian Picollet évoque pour La Lettre M les grands axes de sa feuille de route.

Vous remplacez à la tête de l’IRT Saint-Exupéry Magali Vaissiere, qui occupait ces fonctions depuis 2021. Avec une nouveauté : vous êtes secondé par un vice-président, Joël Bertrand, issu du monde académique. Pourquoi ce choix ?
L’IRT Saint-Exupéry est une structure partenariale associant les industriels et le monde de la recherche, avec le soutien de l’État. Il importe que chacun trouve sa place et son intérêt. C’est ce qui fait l’originalité, mais aussi le succès de l’IRT ; mais c’est un sujet sensible qui nécessite d’y travailler continuellement. Mon parcours a été exclusivement industriel : j’ai réalisé l’ensemble de ma carrière au sein du groupe Safran. Il était donc important que je puisse avoir à mes côtés un représentant – de très haut niveau – du monde académique de façon à renforcer le dialogue entre les deux cultures, dans une logique d’équilibre.

Comment s’articulera votre feuille de route pour ce mandat de trois ans 
Elle sera portée par les objectifs de décarbonation de l’aéronautique, du spatial et des systèmes embarqués. Sur ce front, je dirais que nous sommes aujourd’hui à mi-parcours. Mais dans le monde de la recherche, il est impératif de miser sur la continuité et la permanence de l’effort. L’IRT Saint-Exupéry poursuivra ainsi ses travaux liés aux matériaux – en particulier le titane, mais pas seulement – et à l’électrification dans un dialogue avec d’autres industries comme l’automobile et le ferroviaire, mais aussi aux outils et à la modélisation. Nous développons par ailleurs un certain nombre de projets dans l’intelligence artificielle appliquée, un domaine où nous avons été précurseurs. L’objectif, in fine, est de conserver le leadership aéronautique et spatial français mais aussi de préparer le coup d’après en faisant émerger les technologies d’avenir.

Comment les start-up peuvent-elles s’inscrire dans vos travaux ?
Notre mission consiste à travailler avec tous les acteurs, qu’il s’agisse de grands groupes, d’ETI, de PME ou de start-up. Ces différents types de structures ont des feuilles de route différentes, avec des objectifs à plus ou moins long terme. Dans tous les cas, et je pense ici notamment aux start-up, la question de la propriété intellectuelle ne doit pas constituer un frein.

Vous vous appuyez sur un budget annuel de 39 M€. Dans quelle mesure l’État vous soutiendra-t-il dans les années à venir ?
Notre fonctionnement et nos projets reposent sur les fonds structurels de l’État, sur la participation des industriels, mais aussi sur des ressources tierces. Pour pouvoir continuer à travailler, il est important de bénéficier d’une certaine sérénité budgétaire. Aujourd’hui, la question est celle du financement public, en effet. De mon point de vue, les résultats enregistrés par l’IRT Saint-Exupéry constituent son meilleur avocat vis-à-vis de l’État, qui peut identifier clairement le retour sur investissement. Nous avons proposé à l’État une trajectoire budgétaire, qui doit être confirmée dans les semaines à venir, idéalement au travers d’un plan pluriannuel. Je suis serein car tous les signaux sont positifs. Les objectifs de décarbonation sont stratégiques et nos résultats sont bons.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie