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| 25/11/2021

Christian Combes (Ordre des architectes Occitanie) : « Face aux crises, les architectes peuvent être porteurs de solutions »

L’Ordre des architectes Occitanie a organisé le 25 novembre ses Rendez-vous de l’architecture aux Espaces Vanel, à Toulouse, en présence d’architectes, d’étudiants, d’élus, de maîtres d’ouvrage et de professionnels régionaux du BTP, autour du thème « Architecture et construction responsables ». À cette occasion, La Lettre M a rencontré Christian Combes, président de l’Ordre des architectes Occitanie.

Vous n’aviez pas organisé de rencontre de ce type depuis deux ans…
C’est vrai. D’ordinaire, nous en organisons deux par an : une l’hiver à Toulouse et l’autre l’été à Montpellier. Les dernières ont eu lieu ici, à Toulouse, en 2019. Depuis le début de la crise, ces temps de rencontre, d’échange et de réflexion ont beaucoup manqué aux professionnels. C’est probablement la raison pour laquelle nous avons enregistré une fréquentation record, avec plus de 500 personnes inscrites. Les architectes ont envie de recréer du lien. C’est important car, dans le territoire, nos cabinets sont la plupart du temps de toutes petites structures, composées de trois ou quatre personnes seulement.

Comment se porte la profession dans la région, en cette période de crise ?
Il est clair que d’un point de vue économique, les agences régionales ont souffert. Nous sommes tous impactés. La profession est tendue en termes d’accès à la commande et de rémunération. Il s’agit de la conjonction de plusieurs facteurs. Il y a la crise économique, bien entendu, ainsi que les contraintes sanitaires, qui ont été imposées sur les chantiers et ont engendré des coûts supplémentaires. Mais il y a aussi les élections municipales de l’an dernier, qui ont décalé un certain nombre de projets. Les conséquences sont directes pour les architectes, pour qui la commande publique est très importante. Désormais, de nouveaux exécutifs sont en place ; les projets reprennent.

A Toulouse, l’annulation du plan local d’urbanisme intercommunal et de l’habitat (PLUi-H) métropolitain a-t-elle des conséquences sur l’activité des agences ?
Avec cette annulation, les POS et PLU antérieurs de chaque commune de la métropole redeviennent opposables. Mais en parallèle, il nous est demandé de continuer à suivre les objectifs du PLUi-H. Nous devons donc faire en sorte de respecter les deux contraintes. C’est un double travail pour les architectes.

Votre profession est également confrontée actuellement à la pénurie des matériaux…
Oui, nous subissons en effet une pénurie des matières premières. Il s’agit d’un phénomène conjoncturel qui nous laisse néanmoins penser que tout cela va devenir structurel. Nous sommes face aux prémices concrètes de l’épuisement des ressources naturelles. Nous ne sommes pas sur une planète infinie. D’où notre réflexion, qui consiste à privilégier ce qui est déjà là, c’est-à-dire à miser sur le stock énorme de bâtiments existants, à favoriser la rénovation et la réhabilitation plutôt que le neuf. Toutes ces crises, associées aux problématiques – absolument centrales – liées à la transition écologique, nous amènent à nous remettre en question. Alors qu’aujourd’hui, on parle beaucoup de peurs, nous préférons nous positionner, à notre échelle, comme des porteurs de solutions.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@alettrem.net
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