Changement climatique : un défi « encore lointain » pour les PME et ETI
Dans une étude publiée fin décembre, Bpifrance Le Lab souligne le « décalage » existant du côté des PME et ETI françaises entre « la nécessité économique de s’adapter aux effets induits par le réchauffement climatique » et « le peu d’élan affiché par une grande partie des chefs d’entreprise pour s’en saisir ».
Si les conséquences du changement climatique ne sont plus à démontrer, un chiffre issu de cette enquête réalisée par Bpifrance Le Lab auprès de 380 dirigeants de PME et ETI et complétée par 25 entretiens avec des dirigeants et experts, est particulièrement marquant : 68 % des dirigeants interrogés « ne considèrent pas l’adaptation au changement climatique comme un sujet stratégique majeur ». 53 % des répondants indiquent que le sujet, même s’il est important, « ne figure pas parmi leurs priorités de dirigeants », tandis que 11 % le déclarent « mineur pour leur société ». Dans un contexte chaotique, soumis à de multiples facteurs critiques, les chefs d’entreprise français identifient en effet d’autres risques « plus urgents », qui viennent éclipser – en tout cas pour le moment – ces enjeux d’adaptation. « Pourtant, les risques de marché et les risques productifs, considérés comme primordiaux, peuvent aussi trouver leurs racines dans les conséquences directes ou indirectes d’aléas climatiques », souligne Bpifrance Le Lab, qui avance une autre illustration de la faible appropriation de cet enjeu par les dirigeants : « Seuls 12 % des chefs d’entreprise interrogés ont déjà défini une stratégie et des plans d’action en matière d’adaptation. » Et pour cause : 57 % des répondants estiment que leur entreprise est faiblement exposée aux aléas climatiques. Seuls 24 % d’entre eux se déclarent « vulnérables aux vagues de chaleur », tandis que 20 % redoutent les sécheresses et le manque d’eau, 15 % les inondations et 6 % les retraits-gonflements des sols argileux.
Une question « reportée » à plus tard
En réalité, l’inquiétude liée aux questions climatiques est « reportée dans le futur », constate Bpifrance Le Lab, qui souligne que la part des chefs d’entreprise considérant leurs activités fortement exposées aux aléas climatiques passe de 5 % aujourd’hui à 22 % projetés en 2030 et 47 % en 2050. En clair : la menace est bien considérée comme réelle, mais elle n’est pas jugée prioritaire. De la sorte, si des mesures sont bel et bien mises en place dès maintenant, c’est souvent – aussi – pour des raisons financières. Ainsi, 68 % des dirigeants interrogés assurent avoir déjà déployé des technologies économes en eau, 63 % avoir aménagé leurs horaires de travail en fonction des conditions météorologiques et 51 % avoir mené des opérations de rénovation énergétique de leurs bâtiments. Des « solutions de bons sens », estime Bpifrance Le Lab, qui « permettent aussi de limiter les coûts de l’entreprise ».











