Le préfet de l’Hérault Claude Baland a proposé, ce matin, devant la commission départementale de coopération intercommunale, de ramener de 29 à 16 le nombre d’intercommunalités dans le département (voir le détail ci-contre). Le préfet veut également réduire le nombre de syndicats intercommunaux de 159 à 99. Point fort de la carte proposée par le représentant de l'Etat : le regroupement des communautés d’agglomération de Thau Agglo (Sète), Hérault Méditerranée (Agde) et de la communauté de communes nord bassin de Thau (CCNBT), formant une nouvelle intercommunalité de 34 communes et 190 000 habitants.
« Un choix logique »
Le rapprochement des intercommunalités de Sète, Agde et Mèze a donné lieu à des débats nourris. Elle a été défendue par les maires UMP de Sète, François Commeinhes, et Agde, Gilles d’Ettore, qui ont salué l’un, un « découpage ambitieux », l’autre un « choix logique de territoire ». « Face au réchauffement climatique, qui risque d’occasionner la montée des eaux, cette communauté qui va compter 65 km de littoral, sera mieux armée pour lutter contre ce phénomène, et préserver ses plages, et par là-même son développement touristique », a affirmé le président de l’Agglo d’Agde. Qui a ajouté que « Sète, Marseillan, Agde et Pézenas » avaient donné leur accord pour ce découpage. Selon lui, ce périmètre est « totalement pertinent au regard du développement économique, avec le port de Sète, le Cap d’Agde, première station balnéaire de France, le bassin versant sur le bassin de Thau, et la défense du littoral ».
« Aberration ! »
En revanche, cette proposition du préfet est rejetée par d’autres élus, et en premier lieu par le président (PS) de Thau Agglo et maire de Frontignan, Pierre Bouldoire. Celui-ci dénonce une « rupture dans l’attitude » du préfet. « Lors de la précédente réunion de la CDCI, vous nous aviez dit que Hérault Méditerranée pouvait aller vers Sète, ou vers Béziers. Aujourd’hui, vous nous faites une toute autre proposition. Quels sont les éléments qui ont évolué si vite ? ». Le président du conseil général de l’Hérault, André Vezinhet, qualifie la proposition de rapprocher Sète et Agde d’« aberration. J’ai compris que vous aviez subi des pressions fortes et qu’il fallait sauver le soldat D’Ettore. Il y a eu une forte pression politique, venant probablement du national, pour que la proposition que vous sembliez accepter précédemment ait été modifiée. » D’autres élus, dont le maire PS de Montpellier, Hélène Mandroux, l’ancien maire communiste de Sète, François Liberti, et Kléber Mesquida, vice-président du conseil général, sont également monté au créneau pour critiquer la position du préfet. Poussé dans ses retranchements, le maire UMP de Béziers, Raymond Couderc, a admis que « la logique géographique » voudrait que « Béziers, La Domitienne et Hérault Méditerranée se regroupent. Aujourd’hui, ils n’ont pas envie de venir. Est-ce qu’il faut les forcer et mette la logique purement géographique en avant ? Il ne faut pas violer les gens, les esprits vont évoluer. Si ce n’est pas nous qui le faisons, ce sont certains de nos successeurs qui le ferons dans les années à venir ».
Vote en novembre
Prélablement au débat, le préfet a indiqué les raisons du choix de ce regroupement : une même « dynamique de territoire », le « développement de potentiels économiques communs », la création « d’une zone d’équilibre entre Béziers et Montpellier », et la « fragilité des finances » de deux des trois intercommunalités concernées, selon une étude des services de l’Etat.
Le préfet a également pris soin de préciser que la CDCI d’aujourd’hui n’allait « pas couler dans le marbre (ses) propositions ». Après consultation des communes et intercommunalités concernées dans les trois mois, la CDCI se réunira à nouveau, vraisemblablement en novembre prochain, pour délibérer sur le projet de schéma départemental. Les deux tiers des voix de la commission seront nécessaires pour amender le projet du préfet. La gauche est largement majoritaire dans l’assemblée : lors du vote pour élire le premier assesseur, le maire PS de Maraussan, Serge Pesce, a obtenu 32 voix, contre 12 au maire UMP de Béziers, Raymond Couderc. Encore faudrait-il que le président de Thau Agglo, Pierre Bouldoire, puisse compter sur toutes les voix de gauche, sans exception… L’arrêté préfectoral définissant définitivement le schéma sera pris avant le 31 décembre.