
Éric Giraudier, président sortant de la CCIT de Nîmes, dont la liste a été largement battue lors d’une élection consulaire partielle, en février, a annoncé cet après-midi à Nîmes son intention de déposer plusieurs recours après la victoire de la liste CGPME, menée par un proche du maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier. Dénonçant une « confiscation du vote » par la mairie de Nîmes, le candidat a qualifié le taux de participation du scrutin (plus de 30 %) de « totalement anormal » pour une élection partielle. Éric Giraudier et ses colistiers ont notamment dénoncé une « stratégie illicite visant à récupérer du matériel de vote de diverses manières dans les entreprises afin de le remettre en un seul envoi : un tiers des bulletins sont arrivés le lundi et le mardi sur un scrutin de 14 jours ». Ils auraient, selon le président sortant, qui a « demandé la mise sous séquestre des enveloppes », été « postés le même jour à la même heure ». D’autres électeurs, n’ayant pas reçu le matériel de vote, se seraient rendu à la préfecture, où on leur aurait répondu qu’il avait déjà été retiré. Selon Éric Giraudier, « 3 000 à 3 500 bulletins se sont retrouvés dans la nature ». Il s’étonne également que « sur 4 600 chefs d'entreprise ayant cessé leur activité, 600 ont voté ».
Giraudier : « c’est la Corée du Nord »
Le président du Medef du Gard, Jean-Marc Rouméas, a dit sa « déception » de voir, selon lui, le scrutin « volé par des politiques. C’est inadmissible ». Martine Tibérino, ex-CGPME et ancienne vice-présidente de la CCI, a dit son « écoeurement : aujourd’hui, je ne vais plus m’appeler Tibérino, j’ai honte ! », a-t-elle lancé, faisant allusion a l’adjoint à la sécurité du maire de Nîmes, Richard Tibérino. « Ici, être indépendant, avoir un libre arbitre, ce n’est pas de mise », a renchéri Éric Giraudier, qui a accusé les élus nîmois de « vouloir concentrer dans leurs mains tous les pouvoirs : c’est pire que dans les républiques bananières, c’est la Corée du Nord ». Selon lui, « personne ne nous fera taire. Même si on essaie de nous confisquer l’espace d’expression que doit être la chambre de commerce, nous ne nous laisserons pas faire. Ça prendra trois semaines, quatre mois ou trois ans, mais les chefs d’entreprise reviendront dans leur maison ! » Interrogé sur sa responsabilité personnelle dans cet échec, Éric Giraudier a concédé du bout des lèvres des « erreurs de communication ».
Douais : « nous sommes la première force patronale »
Le matin même, lors d’un petit déjeuner de la CGPME organisé au restaurant l’ADN, à Nîmes, le futur président de la CCI, qui sera officiellement investi le 9 mars, a affirmé que son syndicat patronal était « devenu la première force patronale du département ». Henry Douais a expliqué qu’une partie de son succès, et de la progression spectaculaire de sa liste, depuis le scrutin de décembre 2010, était dû, selon lui, à une campagne active auprès des « chefs d’entreprise issus de la diversité, d’origine portugaise, espagnole, marocaine, tunisienne… Ces gens-là ne savaient pas qu’ils avaient le droit de voter. Nous avons fait un gros travail pour les informer ».
À l’issue du scrutin, la liste menée par Henry Douais, ancien adjoint au maire de Jean-Paul Fournier, a remporté les 50 sièges à la CCIT, et les 11 sièges à la CCIR, avec plus de 500 voix d’avance. La liste d’Éric Giraudier, qui a progressé de plusieurs dizaines de voix depuis l’élection de décembre 2010, a néanmoins été largement battue. Henry Douais avait obtenu l’annulation des élections devant la cour d’appel administrative de Marseille. Le maire de Nîmes estimant que son soutien, trop visible, pendant le scrutin de 2010, avait coûté la victoire à son adjoint, s’est montré beaucoup plus discret pendant ce nouveau scrutin : il ne s’est affiché que le jour de la victoire, le 25 février. Henry Douais a, entretemps, démissionné de son mandat d’adjoint. Interrogé par La Lettre M sur ses intentions pour la SA HLM Un Toit pour tous, Henry Douais indique qu’il ne souhaite pas nécessairement la présider.