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| 20/05/2011

CCI de Montpellier : pour le Medef, Gabrielle Deloncle n’a « plus aucune légitimité »

André Deljarry, président du Medef Hérault (à gauche), a déclaré jeudi 19 mai, lors d’une conférence de presse à Montpellier, que Gabrielle Deloncle, actuelle présidente de la CCI de Montpellier, n’a « plus aucune légitimité » à ce poste, et l’appelle à démissionner sur le champ, suite à la mise en examen de 15 personnes, dont 14 de son camp, dans le cadre d’une enquête menée par le SRPJ de Montpellier sur des soupçons de fraude lors de la précédente élection, en décembre 2010.
Le Medef a déposé deux plaintes* après cette élection-surprise, décrochée dans les dernières minutes à l’issue du dépouillement des votes électroniques. La fraude aurait consisté à un vol massif d’enveloppes contenant le matériel de vote des électeurs. Des boîtes aux lettres d’entreprises auraient été forcées grâce à la duplication de clés passes de La Poste. Les voleurs d’enveloppes auraient voté massivement (266 sur 519 suffrages électroniques) à la place des vrais électeurs dans les trois collèges (commerce, industrie, services) de l’institution consulaire.
S’appuyant sur les premiers résultats des enquêteurs du SRPJ, André Deljarry a dénoncé un « scandale mafieux ».
« Mme Deloncle n’a plus aucune légitimité à diriger la CCI, a-t-il martelé. Elle ne peut plus dire qu’elle ignore les conditions frauduleuses de son élection, ce qui rend insupportable son maintien dans cette fonction. Cette élection est gravement entachée de fraude. Quatorze personnes proches de Mme Deloncle et sous sa responsabilité ont été mises en examen (…) Des menaces de mort et des projets d’agressions sur certains de nos membres ont été proférés ou fomentés par des hommes de main, qui ont bénéficié de nominations (membre associé, conseiller technique) à la CCI de Montpellier, sur proposition de Mme Deloncle devenue présidente (…). Concernant l’usage de matériels volés, le directeur de campagne de Mme Deloncle a lui-même déclaré aux enquêteurs : ‘Ce qui est sûr, c’est qu’à un moment elle a été informée et elle a accepté.’ »

« La non mise en examen de Gabrielle Deloncle est un fait secondaire »

Interrogé sur le fait que Gabrielle Deloncle n’a pas été mise en examen, Joseph Francis (UPE 34/Medef, à droite sur la photo) a répondu : « Sa non mise en examen est un fait secondaire. L’essentiel, c’est que la fraude est avérée et qu’elle était au courant. D’autre part, elle peut être mise en examen à tout moment de l’instruction. Son directeur de campagne dit qu’elle a été informée et qu’elle a accepté. Nous ne faisons que relater des faits. »
Pour le patron de Comeca, « Mme Deloncle instrumentalise la chambre et les médias en disant qu’elle a demandé sa garde à vue. On peut demander à être mis en examen, pas à être placé en garde à vue. Elle fait dire des contre-vérités à une institution publique à tutelle d’Etat à des fins personnelles. »
André Deljarry a ajouté : « Une audience a été demandée au préfet de l’Hérault, qui est en réflexion. C’est à lui de prendre ses responsabilités. On est à sa disposition pour être reçus. »
En sous-main, le camp du Medef admet que la bataille n’est pas gagnée. « Gabrielle Deloncle est très forte. Elle jouit de beaucoup de complicités, elle dresse des écrans de fumée car elle ne veut pas que la vérité éclate », indique un membre du Medef.

* Une devant la juridiction administrative, l’affaire étant à ce jour devant la cour administrative d’appel de Marseille. L’autre, au pénal, mobilise depuis plusieurs semaines les policiers du SRPJ de Montpellier. À ce jour, 519 personnes ont été auditionnées.

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