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Haute-Garonne
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Industrie
| 25/01/2022

CBD : le conseil d'État suspend l'interdiction, Yogah pousse un « ouf de soulagement »

Après la douche froide de fin décembre dernier, lorsque le gouvernement avait décidé d'interdire la vente de fleurs et de feuilles de chanvre, c'est « un ouf de soulagement » que pousse Antoine Roux. Interrogé par La Lettre M, le fondateur de Yogah, marque toulousaine de produits réalisés à base de CBD, un cannabinoïde sans effet psychoactif, se félicite de la décision du Conseil d’État, publiée le 24 janvier. Saisi par des commerçants du secteur, le juge des référés du Conseil d’État fait le choix de suspendre « à titre provisoire l’interdiction de commercialiser à l’état brut des fleurs et feuilles de certaines variétés de cannabis, alors même que leur teneur en THC est inférieure à 0,3 % », indique l'institution.

Pour Antoine Roux, cette décision va, « sur le court terme, desserrer l’étau autour des agriculteurs engagés dans cette culture, qui se trouvaient en grandes difficultés financières ». Par ailleurs, estime-t-il, cela va « donner de l'oxygène aux commerces, que ce soit les CBD shops ou les buralistes ».

« Sans cadre clair, difficile d'investir »
Mais si cette décision donne « un espoir relatif à la profession », elle n'est que provisoire. Un jugement sur le fond doit intervenir prochainement, sans doute « dans les douze à dix-huit mois », indique Antoine Roux, qui évoque « une épée de Damoclès ». Par ailleurs, le serial entrepreneur toulousain - qui pilote également la société PrintOClock (impression en ligne, 70 salariés, CA 2020 : 13,5 M€) - attend « des clarifications concernant les compléments alimentaires et les produits transformés ». « Sans cadre clair, il est difficile d'investir », regrette-t-il.

Comme La Lettre M s'en était fait récemment l'écho, Antoine Roux espère, in fine, un déblocage législatif relatif à une possible culture du chanvre pour sa fleur en France, avant d’engager un investissement de 10 M€. Son objectif ? Bâtir un petit empire du cannabis bien-être en Occitanie. Un groupe qui s’appuierait sur plusieurs piliers : la culture agricole, la formulation, la production, la commercialisation d'huiles, infusions et autres cosmétiques, mais aussi le déploiement d'une place de marché virtuelle référençant des produits à base de CBD, baptisée Amazen. La société fondée début 2021 table sur un CA annuel de 2 M€.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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