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Languedoc-Roussillon
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Agri - Agro
| 25/08/2011

Bruno Le Maire confirme des aides et plus de sanctions pour les fraudeurs

Lors de sa venue, hier, à la coopérative fruitière Saveur des Clos d’Ille-sur-Têt, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire a annoncé « plusieurs millions d’euros d’aides » aux exploitants catalans de pêches et nectarines (1/3 de la production nationale), qui subissent une crise sans précédent due notamment à la concurrence des prix pratiqués par les voisins espagnols ou italiens. « Nombre d’exploitations sont au bord du dépôt de bilan, et certains exploitants risquent la perte de leur patrimoine », affirme Gérard Majoral, secrétaire général de la FDSEA 66, qui prône « la lutte contre les traders des fruits et légumes pour retrouver une production saine. Seuls des contrôles et des sanctions pourront parvenir à enrayer ce système. » Le ministre a annoncé la publication imminente d’un décret prévoyant un durcissement des sanctions pour fraude dans ce secteur. Bruno Le Maire s’est dit « scandalisé » de voir certains grossistes exporter des produits qui sont en pleine production en France, alors même que « les professionnels de la filière ont fait des efforts exceptionnels sur la qualité des produits, l’organisation… » Un contexte qui conduit les producteurs à vendre en deçà de leur coût de production de 30 à 40 centimes par kilo. « Il faut retrouver la voie de la rémunération des producteurs et les prix des produits », a souhaité le ministre, face à une profession qui dénonce également les pratiques de la grande distribution.
Le besoin d’aides estimé entre 20 et 30 M€
Dans un contexte budgétaire difficile, le ministre a demandé aux organisations locales de chiffrer le montant nécessaire, et aux autres acteurs que sont les banques ou encore la MSA de « prendre leurs responsabilités. » Le président de la FDSEA 66, Yves Aris, estime le besoin d’aides entre 20 et 30 M€. Une estimation qui concerne les charges financières et sociales supportées par les exploitations asphyxiées par la crise. Le député UMP de la circonscription, François Calvet, a émis l’idée de s’appuyer sur la procédure de calamité pour aider financièrement la filière à sortir de cette ornière. « Nous avons aussi cet axe de réflexion, poursuit Yves Aris. En effet, nous subissons à la fois un écrasement des calendriers de production, l’effet de la bactérie E. Coli. Autant d’éléments qui pourraient justifier une telle approche. » De son côté, Michel Guallar, président de la chambre d’Agriculture des P.-O. se dit satisfait des annonces du ministre, il craint toutefois les délais d’obtention des aides.
Prochaine réunion le 7 septembre
Bruno Le Maire, qui semble montrer de l’ambition pour l’agriculture française, a toutefois souligné qu'il « ne sert à rien de prendre des décisions à court terme si l’on est pas capable de prendre des mesures structurelles à long terme. » Pour Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA (viticulteur héraultais) « la réunion du 7 septembre prochain doit confirmer l’essai marqué aujourd’hui par le ministre.» Cette réunion doit amener, selon le ministre, des propositions pour un plan de soutien de la filière. Parmi les pistes évoquées par Bruno Le Maire : l’organisation de la commercialisation « en regroupant davantage l’offre », et les coûts du travail et de production, même s'il « n’est pas question, selon lui, de faire du dumping social. » Sur la question de l’Europe, le ministre souhaite « une concurrence juste et équitable et plus d’harmonisation entre les pays. » Le ministre a aussi fait remarquer aux professionnels et syndicalistes présents que « la production de fruits et légumes ne dispose actuellement d’aucun dispositif de sécurité, comme cela existe pour le lait pour lutter contre les crises et maintenir la filière. » Un point qui sera probablement soulevé le 7 septembre.
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