À Blagnac, le groupe Akkodis va recruter 500 ingénieurs l’an prochain
Le groupe de conseil en ingénierie numérique Akkodis envisage de recruter « plus de 500 personnes, principalement des ingénieurs, en 2026 » au sein de son site de Blagnac, annonce à La Lettre M Pierre Lecoutre, directeur de l’établissement, qui pilote par ailleurs l’activité française Delivery & Practices du groupe international de 50 000 salariés. L’entité haut-garonnaise, principalement dédiée à l’aéronautique, au spatial et à la défense, compte 1 800 collaborateurs, qui s’ajoutent – toujours dans la métropole toulousaine – aux 150 salariés répartis dans les sites Akkodis de Labège, Toulouse et Ramonville-Saint-Agne. « Dans le territoire, notre groupe a réalisé 191 M€ de chiffre d’affaires l’an dernier », précise le dirigeant.
De nouvelles briques technologiques
S’il constitue son entité la plus importante en France en termes d’effectifs, le site de Blagnac est aussi « le navire amiral » du groupe sur le front de l’aéronautique, du spatial et de la défense à l’échelle nationale, même si ses équipes adressent également – à hauteur de 15 % de son CA – les marchés de l’automobile et des télécoms ainsi que le secteur public. « Notre premier client est Airbus et ses filiales, bien sûr, mais nous travaillons également pour de nombreux systémiers et équipementiers, indique Pierre Lecoutre. Nous sommes présents tout au long du cycle de développement d’un aéronef, de la phase très amont jusqu’à la mise en service et l’exploitation en vol en passant par le design de l'aérostructure et des systèmes. » Certains des 500 ingénieurs qui devraient rejoindre les équipes de l’entité blagnacaise l’an prochain seront spécialisés dans l’analyse de la data et l’intelligence artificielle. Et pour cause : le site multiplie depuis quelques années les initiatives innovantes en vue d’offrir au marché de nouvelles briques technologiques, en particulier dans le cadre du développement de l’avion du futur.
« Apprendre à l'IA à raisonner comme un ingénieur »
Côté avant-projets, les équipes d’Akkodis misent sur la méthodologie MDAO (Multidisciplinary Design Analysis and Optimisation, c'est-à-dire analyse et optimisation multidisciplinaires, NDLR) permettant d’optimiser les systèmes en prenant en compte les interactions et les synergies entre plusieurs disciplines. « Dans une logique d’itération permanente, cela nous permet de monter nos propres boucles d’optimisation en interne dans le cadre du développement des avions qui verront le jour dans dix, vingt ou trente ans, explique Philippe Castel, responsable de l’unité technique dédiée à la science du vol. Et depuis environ un an, nous travaillons à l’intégration progressive de l’IA dans les process en lui apprenant à raisonner comme un ingénieur. » Les efforts d’innovation menés par les équipes toulousaines peuvent également aller jusqu’à la conception d’un nouvel appareil. « Mais pas pour le produire, bien sûr !, prévient d’emblée Olivier Nadal, directeur technique. Nous nous arrêtons à la revue préliminaire de design. L’objectif est, en nous affranchissant d’un contexte client, de consolider les compétences de nos ingénieurs tout en développant de nouvelles briques technologiques. Nous sommes ainsi toujours à l’état de l’art et préparons le coup d’après… »
L'IA, copilote ?
Autre illustration des innovations développées en interne par Akkodis : un démonstrateur de simulateur de vol pour hélicoptère présenté lors la dernière édition du Salon du Bourget. « Nous étudions comment l’IA peut permettre de répondre à des scénarios critiques, explique Yannick Lizzi, responsable technique de la division Solutions immersives. Exemple : alors que le pilote de l’hélicoptère a eu un malaise, comment le passager peut prendre les commandes de l'appareil et, guidé par l’IA, parvenir à atterrir en toute sécurité. » Enfin, l’intelligence artificielle est également au cœur du logiciel « AeroCoreAI » développé par les ingénieurs d’Akoddis – en partenariat avec Microsoft – en vue d’automatiser le processus de maintenance et de réparation des aéronefs. « En gérant les plannings, les ressources, le suivi de la maintenance et même la commande des pièces, l’IA va permettre de réduire les coûts mais aussi la durée d’immobilisation des appareils puisque ce qui était jusque-là réalisé manuellement est désormais automatisé », s'enthousiasme Sébastien Seillier, chef de projet Développement IA. Actuellement sous forme de Proof of Concept (preuve de concept, NDLR), le logiciel pourrait prochainement faire l’objet d’une industrialisation « avec l'appui d'un partenaire », précise l’expert. Reste que concilier l’utilisation de l’intelligence artificielle et les critères de sécurité et de sûreté propres au secteur aéronautique demeure un défi. Dans cette optique, Akkodis organisera une grand-messe nommée Certification Together International Conference en juin prochain au Centre de congrès Pierre Baudis, à Toulouse.











