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Languedoc-Roussillon
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Institutions
| 7/09/2009

Bayrou veut dialoguer avec le PS, sans se soumettre

François Bayrou a lancé, en vue de l’élection présidentielle 2012, une « offre publique de dialogue sans aucune condition ni aucune exclusive » avec le Parti socialiste, dimanche à La Grande-Motte (Hérault) lors de la clôture de l’université de rentrée du Mouvement Démocrate. « Dans deux ans, tout se jouera. Deux ans, c’est court, pour construire une alternative crédible pour le pays, dont les Français ont tellement besoin », a martelé François Bayrou devant 2 000 militants bien résolus à « y voir clair », selon les propres termes de leur leader.

Après ses revers électoraux aux municipales en 2008 et aux européennes en 2009, le troisième homme de la présidentielle 2007 a réitéré sans surprise son opposition à la politique de Nicolas Sarkozy, tout en donnant une nouvelle image, plus modeste, plus à l’écoute : « Penser l’avenir, reconstruire la France, cela ne sera pas facile. Personne n’a la clé. Nous faisons tous des erreurs, moi le premier (…) Nous allons écrire cet automne un aggiornamento de notre programme pour la France. J’y participerai comme militant de notre famille. »
Le député béarnais ne compte pas signer de chèque en blanc. « Pas de ralliements ! Pas d’alignement ! Si vous pensez tous la même chose, c’est que vous ne pensez rien ! » Face à des certains militants inquiets de ce virage à gauche, alors que c’est justement une indépendance politique qu’ils sont pour la plupart venu chercher au MoDem, François Bayrou s’est voulu rassurant : « Dialoguer, ce n’est pas forcément être d’accord. C’est accepter l’idée que même les désaccords peuvent être constructifs, pourvu qu’on ne perde pas de vue le but à atteindre. »

Bayrou affiche ses différences

François Bayrou n’a d’ailleurs pas manqué d’interpeller Martine Aubry. D’abord, sur les modalités d’une éventuelle future alliance : « J’entends la première secrétaire du PS dire à notre endroit : "veuillez bien, avant que je vous considère, faire la preuve que vous êtes à gauche ". Et bien Madame Aubry, je n’ai aucune preuve à faire, vous n’êtes pas chargée de contrôler les papiers, de vouloir faire rentrer tout le monde dans le rang. Il n’y a pas de surveillante générale », a lancé François Bayrou, faisant allusion au surnom de Martine Aubry au sein même du PS.

Alors que la gauche explore la piste de primaires élargies, François Bayrou a prôné un « parlement de l’alternance » pour que les Français « puissent comprendre au travers de leurs échanges, ce que pensent les familles politiques qui veulent une alternance, ce qu’elles pensent en commun, et où sont leurs différences. » Enfin, François Bayrou a taclé Martine Aubry, qui vient de prôner une mise sous tutelle par le tribunal de grande instance des entreprises qui licencient. Pour François Bayrou, cette idée est « d’un autre temps (…) Si une entreprise attend d’être déficitaire pour changer son organisation, alors on va voir couler beaucoup d’entreprises parfaitement viables. L’entreprise vivante, c’est un ajustement permanent. Et si on rend passible des tribunaux un licenciement avant déficit, alors il n’y aura pas beaucoup d’embauches ! », a-t-il lancé.

Indépendance au premier tour, alliances au second

Le président du MoDem ne se fait pas à l’idée de ne pas participer au premier tour de l’élection présidentielle. « Quand il y aura divergence sur un grand sujet, qui tranchera ? Ce sont les Français, et c’est à cela que sert le premier tour d’une grande élection, et notamment le premier tour des plus grandes élections. »-Dans le même esprit, des listes autonomes se présenteront au premier tour des élections régionales du printemps prochain. Concernant le second tour, une stratégie nationale sera arrêtée lors du congrès du parti à Arras, début décembre, mettant ainsi un terme aux accords disparates, penchant parfois à gauche, ailleurs à droite. « Dans un monde idéal, j’eusse aimé que les élections locales fassent naître des majorités locales et je ne voyais aucune difficulté à ce qu’on puisse bâtir des majorités avec des gens d’étiquette différente. Mais je suis bien obligé de constater qu’on ne vit pas dans un monde idéal…, a conclu François Bayrou. Cette idée que je trouve pour ma part juste, fondée, généreuse et novatrice, elle n’a été comprise par personne. Donc, j’affirme que c’est dans une décision nationale qui concernera toutes les régions (…) Vous voyez bien notre mouvement, c’est vers des listes autonomes dans toutes les régions que nous allons. »

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