Bateau du futur, diversification, mise en réseau … : quelles réponses aux enjeux des métiers de la mer ?
La raréfaction des bio-ressources marines et l’avenir des métiers de la mer. C’est l’une des thématiques abordées lors du salon du littoral, jeudi 22 novembre, au parc des expositions de Montpellier (Pérols). Pour Marc Chevallier, président de la commission Méditerranée du CESER, le constat est alarmant.
« Le poisson bleu (sardine, anchois, NDLR) ne grossit plus ». La pollution ne lui permet plus de se nourrir aussi bien qu’il y a une vingtaine d’années. « Sa taille ne permet plus aux pêcheurs de le commercialiser. » D’autres poissons comme le rouget ou le merlu sont en surexploitation. « Nous avons des problèmes à cause des rejets des grandes villes en mer, comme Montpellier, explique Jean-Christophe Cabrol, vice-président du comité régional conchyliculture Méditerranée. La larve de biju (autre nom pour le violet, coquillage, NDLR) ne peut plus se fixer sur la roche à cause de ces rejets. » Des enjeux environnementaux mais aussi économiques. « Il y a 4 criées sur le littoral d’Occitanie (sète, Agde, Grau-du-Roi et Port-la-Nouvelle), souligne Marc Chevallier, on y constate une baisse d’activité spectaculaire.» Selon lui l’avenir de la pêche au chalut est aussi en danger.
Parmi les préconisations formulées par les intervenants : augmenter les moyens financiers et humains de Cepralmar (Centre d'étude pour la promotion des activités lagunaires et maritimes) « une pépite pour le territoire » souligne Marc Chevallier. Travailler à un « bateau du futur ». « La flotte méditerranéenne est très ancienne, le gasoil représente 30 % du budget du chalutier, il faut des bateaux plus économiques, plus écologiques et transposables partout en mer Méditerranée. Nous avons confié au Cepralmar un cahier des charges pour l’étude de ce bateau du futur. » Marc Chevallier recommande aussi le soutien à la filière conchylicole notamment dans son accès au foncier. « Nous avons fait un SCOT pour travailler sur cette question », indique Jean-Christophe Cabrol. Autre piste de développement pour assurer l’avenir : la diversification. « Nous aimerions faire de la polyculture. Cela passe par la création d’un centre scientifique qui pourrait plancher par exemple sur la culture de la Saint-Jacques. Ce centre pourrait servir d’écloserie. Le Cepralmar pour le gérer par exemple. ».
Plus globalement, tous s’accordent sur la nécessité d’une mobilisation de tous les acteurs (professionnels de la pêche, conchyliculteurs, collectivités…), par exemple via une mise en réseau des criées se traduisant par une gestion commune, comme le suggère Marc Chevallier. « Nous avons créé une boutique en ligne (site valpem.fr) destiné à la vente de thon rouge, cite Bertrand Wending, directeur général de la société coopérative maritime des pêcheurs de Sète Mole. Nous prévoyons de nous développer en 2019 via la promotion de la marque collective Méditerranée sauvage ».










