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Région Occitanie
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Aéronautique et spatial
| 19/03/2024

Avion décarboné : seule une entreprise aéronautique régionale sur vingt planche sur le sujet

© Pixabay

Selon l’enquête consacrée par l’Insee à la filière aérospatiale du grand Sud-Ouest – en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine –, « seule une entreprise sur vingt travaille sur des projets en lien avec la décarbonation des aéronefs et/ou des astronefs » dans le territoire. D’après cette étude publiée le 19 mars, qui couvre l’année 2022, ces projets portent en particulier sur la réduction de la consommation de carburant et l’utilisation de nouveaux vecteurs énergétiques. Malgré le contexte de montée en cadence de la production aéronautique – dans le sillage des commandes record du groupe toulousain Airbus –, 29 % des acteurs du secteur ont mené des travaux de R&D en 2022, avec une « intensification » des programmes en 2023.

Les grands acteurs en première ligne
En 2022, 37 % des entreprises aéronautiques et spatiales du territoire ont mis en place au moins un projet visant à améliorer leur performance environnementale (rationalisation de l’usage des matériaux au travers de l’utilisation de matières recyclées ou de l’optimisation des découpes, diminution des consommations énergétiques des bâtiments…). De même, 11 % des entreprises de la filière ont planché sur au moins un projet visant à améliorer la performance environnementale des produits finaux, dont la moitié portant sur la décarbonation des aéronefs et/ou astronefs.

« Il s’agit plus fréquemment des grandes entreprises et des constructeurs », précise l’Insee, qui constate par ailleurs que « les projets visant à améliorer la performance environnementale de l’activité aéronautique et spatiale sont d’abord portés par des entreprises fortement spécialisées dans la filière. Lorsque l’activité aérospatiale représente plus de 80 % du chiffre d’affaires, une entreprise sur deux a mis en place au moins un projet de ce type. » Par ailleurs, les sous-traitants, qui suivent la plupart du temps un cahier des charges et des spécifications précises émanant de leurs clients, n’ont pas « le pouvoir d’améliorer les performances des pièces ou des sous-ensembles commandés » et sont donc mécaniquement moins engagés sur ces sujets.

Dans le détail, les projets engagés sont principalement liés à la réduction de la consommation de carburant « via le développement de moteurs ultra sobres, l’optimisation des trajectoires de vol ou l’utilisation de matériaux plus légers », précise l’Insee, qui évoque par ailleurs l’accent mis sur les nouvelles propulsions, « d’abord hybrides ou électriques, mais aussi à hydrogène » et estime que « les autres ruptures technologiques fortes comme le développement des carburants d’aviation durables sont marginales ».

La cybersécurité progresse
Autre enseignement de l’étude : dans le secteur aéronautique et spatial du territoire, la sécurité des systèmes d’information est en progression. « La transformation numérique et le développement de technologies de pointe renforcent le besoin de cybersécurité pour se protéger des risques d’espionnage industriel, de vol de données, d’indisponibilité des systèmes », analyse l’Insee. Résultat : en 2022, 60 % des entreprises de la filière déclaraient avoir une politique de sécurité de leur système d’information formellement définie même si, là encore, les grands groupes restent sans surprise les mieux lotis.

En 2022, la filière aéronautique et spatiale du Grand Sud-Ouest rassemblait 1 310 entreprises dont 72 % de PME et 20 % d’ETI.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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