Andrieu accusé par ses pairs de faire cavalier seul
« La candidature d’Éric Andrieu n’a aucun sens. C’est une candidature personnelle, de quelqu’un qui a perdu aux européennes et qui ne sait plus trop où il en est. C’est une candidature méprisante pour les autres fédérations. Elle crache sur l’unité ! » Le maire PS de Mende et premier secrétaire de la fédération de Lozère, Alain Bertrand, a dit hier soir, lors d’une conférence de presse au conseil régional, tout le mal qu’il pensait de la candidature de son homologue Éric Andrieu, premier secrétaire de l’Aude, qui entend se présenter contre lui au poste de chef de file pour les socialistes aux élections régionales de mars prochain. L’enjeu paraît minime : Alain Bertrand, comme Éric Andrieu, et les trois autres responsables socialistes départementaux du L.-R. (Fabrice Verdier, pour le Gard, Jacques Cresta, pour les P.-O., et Robert Navarro pour l’Hérault) veulent que la tête de liste revienne, au final, au président sortant du conseil régional, Georges Frêche, exclu du PS en 2007. Mais voilà : les quatre homologues d’Andrieu auraient préféré voir le PS régional présenter un front uni pour défendre son patron, en soutenant une seule candidature, celle d’Alain Bertrand.
« Pseudo-divisions »
Pour Fabrice Verdier (Gard), Éric Andrieu, « qui est un ami », chercherait à se positionner pour des élections futures. « Nous aurions pu faire l’économie de ces pseudos-divisions ». « Les Français veulent l’unité, pas le bordel, renchérit Alain Bertrand. En désignant un seul candidat, nous aurions envoyé un signal très fort ». Le premier secrétaire héraultais, Robert Navarro, très proche de Georges Frêche, ironise sur le manque de notoriété d’Eric Andrieu. « Dans une enquête de la Sofres, il arrive en avant-dernière position, juste avant Klébert Mesquida ! ». Il estime que « huit à dix candidats » devraient se présenter d’ici au 14 septembre, date limite de dépôt des candidatures. Les militants socialistes éliront leur représentant le 1er octobre. Une convention nationale ratifiera, ou non, les propositions des fédérations le 12 décembre.
« Patrons chez nous »
Reste une inconnue, de taille : la direction nationale du PS, qui a dit tout le mal qu’elle pensait d’une nouvelle candidature de Georges Frêche, avalera-t-elle le scénario défendu par les socialistes languedociens (un chef de file du PS rangé derrière un divers gauche Frêche) ? Les responsables régionaux, qui rencontreront la direction le 9 septembre prochain (sans Éric Andrieu) veulent le croire. « On reste les patrons chez nous. Si, le 9, Paris décide le contraire, nous suivrons quand même Georges Frêche », assure Alain Bertrand.









