Le promoteur André Deljarry, président du Medef Montpellier et co-président du Medef Hérault sera, selon toute probabilité, le futur président de la CCIT de Montpellier, à l’issue des prochaines élections de novembre. Lors d’une conférence de presse commune, ce matin, au Corum, André Deljarry, Gabrielle Deloncle, présidente de la CGPME de l’Hérault, et Gérard Maurice, président du Conseil économique social et environnemental régional, ont annoncé la constitution d’une liste commune entre les principaux syndicats patronaux, dont le Medef, la CGPME et l’UPA. Le président du Ceser, qui ne sera pas sur la liste, a joué le rôle d’intermédiaire entre les anciens co-listiers de Gabrielle Deloncle et ceux d’André Deljarry, dont le rapprochement intervient après des mois de violentes querelles, y compris sur le terrain judiciaire.
Gabrielle Deloncle écartée
« Du passé faisons table rase, le monde patronal doit changer de base ! », a lancé André Deljarry, pastichant le chant de ralliement communiste. Le dirigeant du Medef a accepté de retirer la plainte déposée, au pénal, pour des fraudes présumées lors des dernières élections. « Ceux qui penseraient que je me suis vendue contre le retrait de cette plainte se trompent », a lancé Gabrielle Deloncle, ajoutant que « ce sont le procureur et le juge d’instruction qui décideront des suites à donner ». La présidente de la CGPME 34 ne figurera pas sur cette liste. « C’était une condition sine qua non pour beaucoup de nos adhérents », glisse un colistier du Medef, en marge de la conférence de presse. Le dirigeant de la Comeca, Joseph Francis, dont les prises de position plus tranchées déplaisaient à la CGPME, ne figurera pas, lui non plus, sur cette liste.
Co-décision
Si André Deljarry, comme Gabrielle Deloncle, se refusent à évoquer publiquement la répartition des sièges, celle-ci serait, de sources concordantes, de 20 sièges pour la CGPME 34 et ses proches, et 30 pour les alliés du Medef. La CGPME aurait six sièges à la chambre régionale, le Medef sept. « Tout n’est pas encore calé ! », nuance un adhérent du Medef. Il est acquis, en revanche, que les élus Medef et CGPME siégeront à égalité au futur bureau. Premier vice-président sortant, Jean-Marie Sevestre devrait retrouver son siège dans la nouvelle équipe. « Nous allons recruter ensemble un directeur », affirme un ancien élu CGPME. « Tous les recrutements se feront avec l’accord des uns et des autres », précise un ancien élu Medef.
Sup de Co dans le Top 10
Endossant d’ores et déjà son costume de futur président de la CCIT, André Deljarry a énuméré les actions qu’il entend mettre en œuvre, s’il est, comme c’est très probable, élu président : « consolider les relations avec les autres chambres », « constituer une commission commune de travail avec les acteurs institutionnels sur l’urbanisme commercial », « mettre en place un observatoire du commerce ». « Nous voulons un centre-ville fort et une périphérie forte », a lancé le président du Medef, ajoutant qu’il entendait également agir « à Ganges, Lunel, Lodève, et Clermont-L’Hérault. » Il a également évoqué l’aéroport de Montpellier et Sup de Co, « que nous voulons porter dans le Top 10 des écoles de commerce ».
"Image catastrophique"
Gabrielle Deloncle s’est félicitée, pour sa part, du travail accompli pendant ses sept mois de présidence, et a justifié l’accord par la nécessité, selon elle, de « mettre fin à l’image catastrophique que donnait la chambre de commerce de Montpellier au plan local et national, avec la succession de quatre présidents en quatre ans, et deux dissolutions ». Le préfet de région, Claude Baland, avait dissout l'assemblée générale de la CCIT, le 1er août, après la défection de quatre colistiers de Gabrielle Deloncle, et la démission collective des élus Medef. Le Medef contestait les conditions de l'élection de décembre 2010, qui avait porté Gabrielle Deloncle à la présidence de la chambre. Une enquête judiciaire, menée par deux juges d'instruction montpelliérains, a mis à jour des fraudes sur le vote électronique, et conduit à 15 mises en examen.