Ambition 2026 : la feuille de route de Toulouse Métropole
La feuille de route « Ambition 2026 » de Toulouse Métropole a été dévoilée le 4 avril. « Ces deux dernières années, nous étions très focalisés sur le plan de relance, a expliqué à la presse Dominique Faure, vice-présidente chargée de l’économie et de l’emploi. Mais en parallèle, nous avons rédigé ce document stratégique en lien avec l’écosystème économique local. » Au menu, sept grandes ambitions : l’accompagnement des entreprises, le soutien à l’aéronautique et au spatial, le développement des filières stratégiques et des campus d’excellence, l’accompagnement de l’économie de proximité, l’enseignement supérieur et la recherche, l’attractivité internationale, mais aussi l’inclusivité et la solidarité au service de l’emploi.
Des campus d'excellence
Au total, la feuille de route s’articule en 23 actions concrètes. « Notre ambition est d’abord de capitaliser sur nos forces, nos laboratoires de recherche, notre industrie et toute notre économie de proximité, a précisé l’élue. Nous considérons par ailleurs qu’économie et écologie doivent fonctionner ensemble. Cette feuille de route est concrète et intègre des indicateurs de mesure. La barre que nous avons fixée est haute. » La stratégie métropolitaine s’appuie sur quatre « Campus d’excellence » existants ou à venir – Toulouse Aerospace (aéronautique et spatial), Oncopole (santé et biotechnologies), Toulouse Francazal (mobilités et avion décarboné) et Grand Matabiau (cybersécurité et intelligence artificielle) –, auxquels s’ajoute un cinquième pôle autour du Meett, dédié à la filière événementielle, au tourisme et au tertiaire.
L'aéronautique, sujet hautement stratégique
Concernant l’aéronautique et le spatial, secteurs moteurs de l’économie toulousaine, les enjeux sont multiples. « Ces filières vivent un moment très particulier, a rappelé Agnès Plagneux-Bertrand, vice-présidente chargée de l’aéronautique et du spatial. Notre économie doit réfléchir à son avenir au travers des changements importants qui sont actuellement à l’œuvre. Pour cela, nous devons bien comprendre où sont les enjeux afin de savoir sur quels sujets prioritaires nous devons nous concentrer. L'objectif est que le chemin vers la décarbonation puisse s’opérer à Toulouse, capitale incontestée de l’aéronautique. Il y a des sujets sur l’hydrogène, bien entendu, mais pas seulement… Il va falloir travailler sur les matériaux, sur la forme des avions et sur la répartition de l’électricité à bord, par exemple. Le travail que nous menons, particulièrement ambitieux, doit aboutir sur la rédaction d’une feuille de route dédiée d’ici à la fin de l’année. » L’élue l’a assuré, cet effort de diagnostic permettra au territoire de tirer, demain, son épingle du jeu. « Car le fait de formuler clairement les sujets sur lesquels nous devons nous concentrer est aussi un levier de mobilisation des financements nationaux et européens, a-t-elle insisté. Je n’aimerais pas que des projets nous échappent car nous ne nous serions pas suffisamment focalisés sur certains sujets. » La création d’un fonds d’investissement a par ailleurs été évoquée, tout comme – dans le spatial, cette fois-ci – le possible lancement d’une fondation dédiée aux données satellitaires.
Un pôle numérique à Matabiau
Côté numérique, le Campus Grand Matabiau doit voir le jour en centre-ville de Toulouse dans les cinq ans. Cette opération, qui s’appuie sur un investissement de 65 M€, vise à accueillir sur 50 000 m2 des start-up, des entreprises innovantes, des chercheurs, des étudiants… « Nous souhaitons travailler en complémentarité avec des acteurs comme Digital 113, la Mêlée, la French Tech, Aniti, l’IoT Valley, la Cité et l’ensemble des tiers-lieux du territoire, a insisté Bertrand Serp, vice-président de la Métropole chargé de la transition digitale, qui envisage d’installer à terme sur place une agence territoriale de la donnée publique. Notre ambition est de faire de ce lieu une place majeure en France et en Europe. » Quitte à entrer en concurrence avec des structures existantes ? Sur ce point, Dominique Faure s'est voulue rassurante : « Il y a de la place pour tout le monde ; on ne se fera pas concurrence. »
« Nous allons rendre des comptes »
Cette feuille de route Ambition 2026, présentée le 4 avril au Meett devant un parterre de plusieurs centaines de chefs d’entreprise, donnera lieu à des points d’étape organisés chaque année. « L’idée est de rendre des comptes à la communauté économique, aux acteurs du territoire, a assuré Dominique Faure. Et nous corrigerons notre feuille de route si besoin est. »










