Alain Griset, ministre en charge des PME, rencontre les patrons héraultais : PGE et plan de relance au cœur des échanges
Dématérialisation, taux de remboursement du prêt garanti par l’État (PGE), harmonisation des procédures… En déplacement à Montpellier le 28 août, Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargé des Petites et Moyennes Entreprises, participe à une table ronde sur le thème de la simplification. L’opportunité pour de nombreux chefs d’entreprise héraultais d’exprimer leurs inquiétudes et de soumettre leurs idées.
Premier à se lancer, Philippe Beille, PDG de Duo Display (environ 130 salariés, Lansargues), spécialisée dans la fabrication de stands pour les salons, évoque la complexité des codes APE : « Notre code APE ne nous permet pas, en théorie, de bénéficier de certaines aides de l’État débloquées durant la crise sanitaire. Les administrations ne savent pas quoi nous répondre et nous disent de prendre le risque de solliciter ces aides. Face à cette incertitude, nous envisageons un plan de sauvegarde de l’emploi qui pourrait impacter 40 personnes environ. » Alain Griset en convient : « Il n’existe pas de code APE regroupant toutes les activités liées à un secteur. L’État a assez bien accompagné les entreprises et regarde aujourd’hui les trous dans la raquette. C’est vrai qu’il y en a beaucoup. » Pour Samuel Hervé, président du Medef 34, c’est surtout au niveau de la dématérialisation des démarches, notamment pour solliciter un PGE depuis la fin du confinement, que le bât blesse. « Nous allons lancer quelque chose sur le zéro papier d’ici à la fin de l’année. »
Plus d'harmonisation
Henri-Pierre Roche, fondateur de Biodiv-Wind (Béziers), qui évolue sur le marché de la gestion des contraintes environnementales des parcs éoliens, souhaite de son côté une harmonisation des exigences demandées par les différentes Dreal. « Nous voulons de la simplification mais aussi une meilleure lisibilité : nous nous retrouvons en concurrence avec des entreprises étrangères proposant des services et produits de moins bonne qualité sur des appels d’offres pilotés par des Dreal dont le niveau d’exigence est inférieur à celui appliqué par la Dreal Occitanie. » Sur ce point, Alain Griset se dit « en accord avec ce besoin de cohérence ».
PGE
Au-delà des nombreuses problématiques de simplification, le sujet qui occupe une grande partie des échanges lors de cette table ronde porte sur le taux de remboursement PGE et le plan de relance qui doit être détaillé le 3 septembre. Si la première année, le taux de remboursement est fixé à 0,25 %, son niveau pour les entreprises souhaitant le prolonger de cinq ans n’est pas encore arrêté. « L’État est en discussion avec les banques, explique Alain Griset. Nous espérons un accord courant septembre. Pour l’instant, une fourchette comprise entre 1 et 3 % est évoquée, je trouve que 3 % c’est trop. » Quant aux reports de remboursements de prêts sur 6 mois, le ministre souhaite qu’ils soient de nouveau reportés d’autant. Aline Bsaibes, directrice générale d’ITK (120 salariés, 10 M€ de CA, Clapiers), éditeur d’outils d’aide à la gestion agronomique, soulève la question d'une participation de l’État en fonds propres, plutôt qu’au travers d’un prêt, dans le cadre du plan de relance. « La possibilité de transformer une partie du PGE en fonds propres (obligations convertibles, actions...) sera évoquée. Cela serait opéré au niveau territorial », répond Alain Griset.
Un plan de relance pour soutenir l'investissement
Doté de 100 Md€, le futur plan de relance vise à soutenir des projets au plus vite. « Si certains de ces projets ne commencent finalement pas ou sont reportés, l’État pourrait retirer ses fonds pour les flécher ailleurs. » Sur ces 100 Md€, 3 Md€ seront dédiés à l’accompagnement des entreprises dans l’investissement, souligne le ministre. Quant à la baisse des impôts de production, elle sera de 10 Md€ en 2021 et d’autant en 2022.
Fonds de solidarité
Alain Griset a également profité de ce déplacement pour évoquer le fonds de solidarité trop peu exploité, estime-t-il. « l’État a débloqué 300 Md€ au titre du fonds de solidarité. À ce jour, 120 Md€ ont été utilisés. 180 Md€ sont donc encore disponibles. 1,6 M d’entreprises ont bénéficié du niveau 1 de l’aide, fixé à 1 500 €, mais seules 20 000 sociétés ont sollicité l’aide de niveau 2 (jusqu’à 5 000 € voire 10 000 € pour le tourisme, NDLR), c’est trop peu. »










