Fil infos

Haute-Garonne
|
Institutions / Transports - Logistique
| 29/06/2017

Aéroport Toulouse-Blagnac : vent de fronde contre l’actionnaire chinois

Lors de l’assemblée générale de l'aéroport Toulouse-Blagnac (ATB - CA : 129 M€), le 28/6, les actionnaires se sont accordés sur une évolution des statuts de l’entreprise, afin de se conformer à une ordonnance gouvernementale de 2014 imposant de modifier les conditions de désignation du représentant de l’État au sein du conseil de surveillance. En revanche, la proposition de l’État, qui souhaitait que ce conseil puisse fluctuer de 3 à 15 membres, a été refusée par les actionnaires, afin de « préserver les équilibres » et « le poids des représentants locaux dans les décisions stratégiques d’ATB ». Par ailleurs, un versement de 1,5 M€ de dividendes exceptionnels, demandé par l’actionnaire principal, le groupe chinois Casil Europe (49,9 % du capital), a été voté, avec le soutien de l’État (10,1 % du capital) mais contre l’avis des actionnaires minoritaires (Région Occitanie, CD31, Toulouse Métropole et CCI de Toulouse). « Cette demande, qui ne s’inscrit pas dans l’esprit du partenariat convenu, nous a en effet semblé assez cavalière », confie Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole.

Pour Marc Péré, vice-président de Toulouse Métropole (groupe d’opposition de gauche Métropole Citoyenne), qui évoque le dossier lors du conseil métropolitain, le 29/6, il s’agit d’une « action de prédation de la part des actionnaires chinois qui, après avoir déjà récupéré 15 M€ l’an dernier, ont cette fois-ci demandé et obtenu 1,5 M€. »  De son côté, le président du groupe d’opposition communiste Pierre Lacaze estime que « les pouvoirs publics sont démunis : au-delà du fait que l’opérateur privé se serve dans la caisse, il est en train d’éliminer les petits actionnaires. » Et d’invectiver Jean-Luc Moudenc : « Sur ce dossier, je vous trouve bien silencieux… ». Réponse de l’intéressé : « Il n’y a aucun silence et aucune complaisance. Avec les autres actionnaires minoritaires, nous avons défendu hier des positions communes sur tous les sujets. » Sacha Briand, vice-président LR de Toulouse Métropole, en charge des finances, assure quant à lui que les modifications de statuts qui ont été votées «  ne modifient en rien les équilibres de gouvernance de la société » et, au sujet du versement des dividendes, rappelle qu'à l'origine, « c’est le gouvernement qui a décidé de céder ses parts à un opérateur privé, avec un actif qui incluait également les réserves. On peut critiquer le fait qu’un actionnaire récupère des dividendes, mais nous ne sommes pas responsables de cette décision du gouvernement de l'époque ». 

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie