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Hérault
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Transports - Logistique
| 2/12/2011

Aéroport de Montpellier : les collectivités locales remettent la pression sur l’Etat

Jean-Pierre Moure, président de Montpellier Agglomération (à gauche sur la photo), Christian Bourquin, président de la Région L.-R. (au centre) et Jacques Rigaud, maire de Ganges et conseiller général de l’Hérault (à droite), ont réitéré leur volonté de prendre le contrôle « au plus vite » de l’aéroport Montpellier Méditerranée, dont l’Etat (qui détient 60 % de la société aéroportuaire) a repoussé après l’élection présidentielle la cession de ses parts.
« Nous voulons une réponse de l’Etat avant l’élection présidentielle, a déclaré Christian Bourquin. On ne va pas laisser tranquille Nicolas Sarkozy. Il voulait nous endormir, on veut le réveiller maintenant. Nous ne sommes pas juste bons à payer les déficits. On le fait dans le sens de l’intérêt général, mais ça ne va pas continuer longtemps. »
Christian Bourquin voit une stratégie du gouvernement dans le fait de jouer la montre : « Le gouvernement fait perdre du temps à la dynamique locale. On a des propositions d’avions basés. Des compagnies sont prêtes à participer au développement de la plateforme. On doit les décliner faute de prise de décisions par l’Etat. Paris nous fait trébucher sur une série de dynamiques qu’on sent bien. L’intérêt du territoire n’est pas prise en compte. Cette absence de décision pose un problème. Le fait de tergiverser montre que l’Etat se prépare à annoncer une mauvaise nouvelle après les élections, si Nicolas Sarkozy était réélu. S’il y avait une bonne nouvelle à annoncer, il l’annoncerait avant les élections. »

Compagnie basée ?

Cet été, Christian Bourquin avait signé une lettre ouverte à l’attention de Nicolas Sarkozy au nom des trois millions d’habitants de la région. Le président de la Région L.-R. accuse le gouvernement de jouer la montre en vue d’une privatisation directe « sans prise en compte des collectivités, pour faire plaisir aux amis des amis du chef de l’Etat. Et de ça, on ne veut pas. »
Jacques Rigaud attend de l’Etat qu’il « clarifie sa situation ». Pour Jean-Pierre Moure, « l’histoire va très vite dans la compétition entre les territoires. On ne peut pas se planter. Il est temps que l’Etat se ressaisisse. L’Etat doit être plus responsable. » « Qu’on nous confie cet aéroport, déficitaire à hauteur de 2 M€, semble évident, et pourtant aucune décision n’est prise », a ajouté Christian Bourquin. « Le principal actionnaire n’investit pas un centime. Il n’est pas normal que cet aéroport soit déficitaire. Si Juppé (maire de Bordeaux, pour son aéroport, NDLR) est monté au plafond l’an dernier, ce n’est pas par hasard. »
Les trois élus ont plaidé pour l’implantation d’avions basés, puis d’une compagnie basée. « Cela induirait 300 000 voyageurs supplémentaires chaque année et permettrait de rendre la plateforme rentable », a déclaré Jacques Rigaud.
La réponse de Thierry Mariani et Nathalie Kosciusko-Morizet, reçue le 14 novembre, n’a pas convaincu les élus locaux. Elle préconise, en substance, « l’ouverture du capital dans le cadre de la réforme initiée en 2005 », mais propose un « calendrier assoupli » et l’instauration d’un « dialogue entre l’Etat et les partenaires locaux ».
La plateforme de Montpellier Méditerranée prévoit un trafic de 1 300 000 passagers en 2011, en hausse de 10 % par rapport à 2010.

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