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Languedoc-Roussillon
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Conjoncture
| 18/06/2012

Accélération de la montée du chômage en L.-R., d’après l’Insee

Lors de la présentation de L’Année économie et sociale 2011, lundi 18 juin à Montpellier, Francis Vennat, directeur régional de l’Insee L.-R. (photo), a évoqué une « forte dégradation sur le marché du travail » fin 2011 et début 2012. En quelques mois, le taux de chômage régional a bondi de 12,5 % à 13,5 %. Un renforcement du chômage est à prévoir en 2012, « en lien avec l’augmentation de la population (+ 30 000 nouveaux habitants chaque année, NDLR) ». Au 1er trimestre 2012, 5 000 demandeurs d’emplois supplémentaires sont comptabilisés. Les taux de chômage les plus important sont à Alès, Sète, Agde et Céret. « La fin d’année a été difficile, notamment pour les jeunes, les chômeurs de longue durée et de plus de 50 ans. S’il y a davantage d’offres d’emplois, nous observons une baisse des offres d’emplois durables. » L’économie régionale a perdu 6 800 emplois (- 1,4 %) entre avril 2008 et fin 2011.

Le chômage des nouveaux arrivants


D’après Philippe Merle, directeur de la Direccte L.-R., « l’emploi salarié a presque retrouvé son niveau d’avant-crise, sauf qu’il y a plus de monde, et plus de monde qui recherche du travail. C’est frappant sur la population des seniors. Nous enregistrons nettement plus d’emploi de seniors qu’il y a quelques années. Mais en même temps, il y a beaucoup plus de seniors en demande d’emplois. Les deux chiffres montent : le nombre de seniors qui travaillent, et le nombre de seniors demandant un emploi. » Les arrivants en couple sont deux fois plus souvent au chômage que les couples habitant déjà la région. Autre particularité régionale : le marché du travail présente « plus d’offres d’emploi en saisonniers (40 000, dont 30 % dans l’agriculture et l’agroalimentaire et 30 % dans l’hébergement et la restauration) qu’en non-saisonniers. Cette donnée fragilise la consolidation de l’emploi en L.-R. »
Le nombre d’allocataires du RSA augmente en 2011, avec 125 000 foyers pour 256 000 personnes couvertes, contre 122 000 foyers et 248 000 personnes couvertes un an auparavant, s’est inquiété Pascal Etienne, nouveau directeur régional de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS). « Par ailleurs, la part activité du RSA est très peu utilisée en L.-R. : 27 000 foyers, contre 97 000 foyers attributaires du RSA socle. »

Le tourisme et la viticulture, secteurs en vogue

Francis Vennat a cependant identifié « des signaux positifs, dans les secteurs du tourisme et de la viticulture ».
« Le tourisme ne connaît pas la crise, avec une augmentation du nombre de nuitées (hôtels et campings) et une recomposition de la clientèle. Si la clientèle étrangère est légèrement en baisse, la clientèle française est fortement en hausse. Il y a par ailleurs une élévation de la gamme dans la fréquentation touristique. »
Côté viticulture, la conjoncture est plus favorable, avec de meilleurs prix de vente et une belle vendange, « supérieure de 7 % à la moyenne des 5 dernières années ».

Industrie : le CA progresse


Pierre Girard, chef du service des études et de la diffusion Insee, a poursuivi : « En 2011, le CA des industries du L.-R. a progressé de 6,4 %, et leurs exportations de 8,8 %. » Plusieurs indicateurs des transports sont au vert : « + 53 % du nombre d’immatriculations de poids lourds neufs, progression des flux autoroutiers de marchandises, reprise du fret portuaire, avec + 5 % sur le trafic de marchandises au port de Sète et + 3 % à Port-la-Nouvelle. »
Le BTP traverse une situation paradoxale : si la consommation de béton prêt à l’emploi progresse de 10 % en 2011, les carnets de commande décrochent, notamment sur le 2e semestre.

Un fort besoin de fonds propres


Côté import-export, le L.-R. reste un nain, malgré la façade maritime et la frontière avec l’Espagne. La région ne pèse en effet que 1,5 % des importations nationales et 1,9 % des exportations nationales. Les entreprises régionales exportent pour 4,8 Md€.
Le tissu régional, basé sur l’économie présentielle, reste précaire, avec « un fort besoin de fonds propres » (Philippe Merle). Si le taux de création d’entreprises est record (17,4 %), le taux de défaillances l’est aussi (25 % de plus que le nombre de défaillances observées avant le début de la crise, en 2008).

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