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Pratique
| | 26/03/2024

45 % des cadres prêts à démissionner si le télétravail était supprimé

© CCO / Florence Philippart

Le télétravail régulier est une pratique désormais ancrée dans l’organisation du travail des cadres. Selon une enquête de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) dévoilée le 12 mars, deux tiers d’entre eux travaillent à leur domicile au moins une fois par semaine, et un quart plus de deux jours. S’ils ne souhaitent pas de retour en arrière sur cette pratique, les cadres – notamment les plus jeunes – identifient néanmoins des points de vigilance pour optimiser la pratique du travail hybride.

Une pratique courante. D’après l’Apec, 67 % des cadres télétravaillent au moins une fois par semaine et 25 % ne le font jamais. Le travail hybride – un à quatre jours de télétravail par semaine – concerne 61 % des cadres. Ils sont aussi 70 % à adapter leurs activités en fonction de leur lieu de travail : les tâches collectives – en particulier les réunions – sont privilégiées sur site, et les tâches individuelles à domicile. Cette pratique désormais bien installée est plus courante dans les ETI-GE (74 %) mais gagne du terrain dans les TPE (54 % en 2023, contre 46 % l’année précédente).

Pas de retour en arrière. L’enquête révèle que 49 % des cadres souhaiteraient télétravailler davantage, alors que 45 % d’entre eux se disent satisfaits de la situation. Les 5 % restants voudraient moins télétravailler. Interrogés sur les éléments de cette pratique qui leur semblent essentiels ou importants, ils soulignent notamment la diminution du temps passé dans les transports (88 %), la possibilité de travailler dans le calme (87 %), la flexibilité dans la gestion des horaires (85 %), la possibilité de gérer des imprévus (85 %) et la recherche d’autonomie dans leur travail (78 %). Une suppression de cette pratique serait mal vécue par 82 % des cadres et 45 % d’entre eux – en majorité les moins de 35 ans – chercheraient à changer d’entreprise. Si le nombre de jours de télétravail était réduit, 69 % des cadres seraient mécontents et 25 % voudraient démissionner. Pour la moitié des cadres, il serait d’ailleurs inenvisageable de rejoindre une entreprise qui ne permet pas de travailler chez soi.

Des points de vigilance. Même s’ils apprécient le télétravail et souhaiteraient le pérenniser, les cadres identifient toutefois des points de vigilance en vue d’optimiser la pratique du travail hybride. Ils estiment que cette dernière réduit les interactions et la cohésion d’équipe : moindre intégration des nouveaux salariés (48 %), sentiment de moins pouvoir apprendre à ses collègues (46 %), isolement (41 %) et sensation de vide dans les locaux (40 %). Aussi, 40 % des cadres ressentent un brouillage entre vie personnelle et vie professionnelle, une part qui atteint même 47 % chez les moins de 35 ans. Les plus jeunes sont ceux qui craignent le plus que le télétravail entrave leur évolution professionnelle : peur de passer à côté d’informations ou d’opportunités professionnelles, difficultés à demander de l’aide, manque de visibilité du manager sur la charge de travail. L’étude de l’Apec conclut que malgré ces limites, le télétravail représente plus d’avantages que d’inconvénients pour 69 % des cadres interrogés.

Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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